La musique au Cap-Vert soutient l’économie nationale et dynamise l’industrie musicale africaine.

L'industrie musicale africaine: au Cap-Vert, la musique au cœur de l’économie nationale [10/10] - Afrique économie

L’industrie musicale africaine : au Cap-Vert, la musique au cœur de l’économie nationale

L’économie du Cap-Vert est dominée par le tourisme, qui représente près d’un quart de son PIB. Les visiteurs sont attirés par les plages, les randonnées et la faune du pays, mais aussi par sa musique. Toutefois, le développement de l’industrie musicale est confronté à des défis importants, notamment l’isolement de l’archipel.

Les autorités visent à consacrer 5% du PIB au secteur culturel, un objectif rendu difficile par la crise actuelle. Les producteurs de musique, tels que José Da Silva, manager de Cesaria Évora, ont mis en place un écosystème particulier en réponse aux bouleversements de l’économie musicale mondiale. La priorité reste de faire jouer les artistes en concert. « Les artistes aujourd’hui vivent pratiquement que de la scène. Ce que rapportent les disques est très faible en musique traditionnelle. Donc, on les fait connaître sur scène, ce qui permet de voir quels titres fonctionnent le mieux », explique-t-il.

Selon le ministère de l’Économie, environ 25% des emplois au Cap-Vert proviennent de l’industrie de la musique, bien que peu de ces travailleurs soient déclarés. Les artistes, comme le guitariste Hernani Almeida, avec 30 ans de carrière internationale, rencontrent des difficultés pour obtenir des financements. « C’est plus facile de faire des productions, car on a déjà des studios. Le problème reste l’argent. Il est très difficile de trouver des sponsors au Cap-Vert », déplore-t-il.

José Da Silva estime qu’il faut investir entre 15 000 et 20 000 euros pour produire un disque de musique traditionnelle. Les attentes et les goûts du public évoluent, rendant la production de styles comme la morna, qui ont fait connaître l’archipel, de plus en plus complexe. « En musique traditionnelle, c’est un vrai combat, car il y a de moins en moins d’écoute et d’intérêt. Il faut vraiment que le titre soit très fort pour capter un public plus large », précise-t-il.

L’avenir du secteur semble se diriger vers les musiques urbaines, qui gagnent en popularité au Cap-Vert. Ce marché, bien que prometteur, présente des défis uniques. « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine, car nous manquons de la technologie nécessaire. Nous l’envoyons donc à Lisbonne ou à Paris pour le mixage. Ensuite, nous lançons la production du clip, ce qui est souvent plus simple et rapide que pour la musique traditionnelle », ajoute-t-il.

Les autorités conservent leur ambition de faire de la musique un pilier du développement. En mai dernier, un accord a été signé avec l’Union africaine pour faire du Cap-Vert la capitale africaine de la culture en 2028.

Source : RFI

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