Les Glissements de Terrain : Un Risque Majeur pour les Populations Vulnérables aux États-Unis
Les glissements de terrain aux États-Unis entraînent des pertes financières s’élevant à des milliards de dollars et causent la mort de dizaines de personnes chaque année. Une étude récente révèle que ces phénomènes sont particulièrement préoccupants en Appalachie, où la pauvreté accentue les dangers.
Publiée le 29 juillet dans Earth’s Future, cette recherche est l’une des premières à analyser les aspects socio-économiques des populations vivant dans des zones à risque de glissements de terrain. Les chercheurs ont constaté que ceux qui habitent dans des régions les plus susceptibles de subir ces événements sont souvent ceux qui n’ont pas les moyens de déménager ou de réduire leur exposition au risque.
Actuellement, au moins 6,5 millions de personnes vivent dans des zones à haut risque de glissements de terrain, une estimation qui pourrait être conservatrice. En intégrant les populations exposées à un risque moyen, ce chiffre augmente de plusieurs millions, corroborant ainsi les estimations préliminaires du USGS concernant les populations exposées.
Les zones à risque le plus élevé se trouvent dans des régions densément peuplées et à forte pente. En Appalachie, environ 3,6 millions de personnes, dont une proportion importante de ménages à faible revenu, résident dans des zones vulnérables, représentant 55 % du total national. Les vallées escarpées et verdoyantes de cette région, favorisées par des pluies abondantes, abritent des communautés qui vivent soit sur les pentes, soit dans les vallées en contrebas, où se déposent les débris issus des glissements.
La Virginie-Occidentale est particulièrement touchée, avec 20 % de sa population vivant dans des zones à haut risque, contre seulement 2 % en moyenne nationale.
À l’inverse, dans les zones urbaines à risque, les résidents sont souvent plus riches. Par exemple, des propriétaires de maisons à Los Angeles ou à Seattle, parmi les 1,7 million de personnes vivant dans des régions montagneuses de la côte ouest, ont généralement accès à des solutions d’ingénierie pour atténuer les risques ou pour déménager après un sinistre.
Malgré l’importance de la cartographie des glissements de terrain, celle-ci suscite des réticences. Certains propriétaires et secteurs industriels s’opposent à ces efforts, craignant que la cartographie des risques n’entraîne une baisse de la valeur de leurs biens. En 2011, des pressions politiques ont stoppé l’effort de cartographie des glissements de terrain en Caroline du Nord, qui a été inactive pendant six ans. Des géologues tentent maintenant de rattraper le temps perdu, surtout après que l’ouragan Helene a provoqué plus de 9 400 glissements de terrain en 2024.
Des résistances similaires émergent actuellement à Juneau et à Sitka, en Alaska, bien que peu de preuves soutiennent les inquiétudes concernant la dévaluation des propriétés liées aux glissements de terrain. Les experts espèrent que la poursuite de la cartographie des glissements de terrain améliorera la sécurité publique pour les individus et les communautés. Plus les informations sont précises, affirme Ben Mirus, géologue au USGS, « meilleures seront les décisions prises par les populations. »
Source : Science News

