La guayabera : un symbole vestimentaire aux origines disputées
La guayabera, vêtement traditionnel, serait née à Cuba au XVIIIe siècle et a été déclarée, en 2010, comme le vêtement officiel de protocole de La Havane. Ce vêtement est aujourd’hui porté par des figures publiques emblématiques, notamment le roi d’Espagne Felipe VI et le chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, chacun avec des intentions politiques opposées.
Origines et caractéristiques
La guayabera se distingue par ses quatre poches, ses nervures cousues appelées alforzas, et sa coupe qui se porte par-dessus le pantalon, refusant ainsi la ceinture. Ce choix vestimentaire symbolise une position politique, favorisant un style informel tout en respectant les codes du vestiaire masculin.
Une chemise contestée par trois pays
Son origine est revendiquée par Cuba, le Mexique et les Philippines. Selon la légende cubaine, un potier aurait demandé à sa femme une chemise ample pour transporter des goyaves, d’où le nom. D’autres sources l’associent à la rivière Yayabo. Au Mexique, elle est liée aux régions de Veracruz et du Yucatán, tandis qu’aux Philippines, le barong présente des similitudes avec la guayabera.
Deux mythes : le guérillero et l’écrivain
La guayabera a connu des fortunes diverses. Pendant la révolution cubaine de 1959, elle était considérée comme bourgeoise et a été reléguée au second plan. Cependant, en 1994, Fidel Castro l’a remise au goût du jour lors d’un sommet latino-américain, marquant son retour en tant que vêtement officiel. En Jamaïque, elle a été adoptée comme symbole anticolonial. Le musée de Sancti Spíritus conserve des pièces de personnalités comme Hugo Chávez et Gabriel García Márquez, illustrant son usage varié.
La guayabera est également portée par des écrivains, comme Ernest Hemingway, qui l’a choisie pour sa décontraction élégante. Ce vêtement devient alors un symbole de souveraineté privée, en opposition au costume traditionnel.
Felipe VI et Jean-Luc Mélenchon : deux lectures
Lors de sa visite à Cuba en novembre 2019, Felipe VI a choisi de porter la guayabera, envoyant un message de réconciliation et d’hispanité. En revanche, Jean-Luc Mélenchon, en choisissant la guayabera pour ses discours, évoque une connexion avec le mythe révolutionnaire cubain, adoptant une couleur noire qui symbolise l’anarchie et la résistance.
Conclusion
La guayabera, vêtement aux origines disputées, continue d’être un symbole fort dans le paysage politique et culturel, portée par des figures aux discours opposés. Chaque porteur lui attribue une signification différente, révélant ainsi la richesse et la complexité de ce vêtement.
Source : Cesare Vecellio
