Réseaux sociaux : le Conseil d’éthique allemand refuse une limite d’âge
Le Conseil d’éthique allemand a rejeté l’idée d’instaurer une limite d’âge pour l’accès aux réseaux sociaux. Selon Helmut Frister, président du Conseil, un âge minimum légal n’est « pas adapté » pour équilibrer la protection des jeunes et leurs intérêts en matière de participation et de compétences numériques. Cette déclaration a été faite à Berlin, lors de la présentation de l’avis demandé par Julia Klöckner, présidente du Bundestag.
Dans un rapport de 42 pages, le Conseil d’éthique souligne que l’imposition d’une limite d’âge pourrait pousser les enfants et les adolescents à se tourner vers des chatbots d’intelligence artificielle, qui présentent également des « risques tout aussi importants » et sont « encore moins bien régulés », selon la philosophe Judith Simon, responsable de l’élaboration de cet avis.
Le texte précise qu’un âge minimum pourrait porter atteinte au droit des parents de décider eux-mêmes de l’équilibre entre protection et participation de leurs enfants. Un débat est en cours en Allemagne concernant une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 14 ou 16 ans, en raison des contenus en ligne jugés risqués et du potentiel addictif des plateformes.
Les parents pour aider à la régulation
Pour la protection technique des enfants et des jeunes, le Conseil d’éthique propose un modèle en trois étapes. D’abord, l’accès aux offres numériques devrait être régulé par les parents, notamment par l’indication de l’âge lors de la configuration des appareils et la régulation des temps d’utilisation. Ensuite, des procédures permettant de vérifier l’âge des enfants à l’aide de documents officiels sont recommandées. Enfin, les contenus sensibles devraient être accessibles uniquement après une vérification fiable de l’âge.
Une solution européenne recommandée
La ministre de la Famille, Karin Prien, a mis en place une commission d’experts qui présentera prochainement des recommandations pour mieux protéger les mineurs sur Internet. Si une interdiction d’âge devait être soutenue politiquement, le Conseil d’éthique appelle à une solution uniforme au niveau européen pour éviter un patchwork réglementaire qui compliquerait l’application des lois.
La loi européenne sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA), impose des obligations supplémentaires aux plateformes en ligne pour protéger les droits fondamentaux des utilisateurs. Ce règlement est en vigueur depuis février 2024 et concerne tous les services numériques atteignant des utilisateurs dans l’Union européenne.
Source : Deutsche Welle
