Immigration : Deux frères en détention provisoire pour traite d’êtres humains
Deux hommes de nationalité franco-marocaine ont été placés en détention provisoire après leur comparution immédiate ce jeudi au Tribunal de Tarbes. Ils sont accusés de plusieurs infractions, notamment de traite d’êtres humains, d’escroquerie en bande organisée et d’abus de biens sociaux. En raison de la gravité des accusations, le juge a ordonné l’ouverture d’une information judiciaire, ce qui signifie que le procès se poursuivra ultérieurement.
Les deux frères sont suspectés d’avoir organisé l’arrivée en France de travailleurs marocains, leur promettant des documents légaux et des emplois. Cependant, leur opération aurait révélé une vaste escroquerie. Actuellement, l’un des frères est détenu à Tarbes tandis que l’autre se trouve à Pau. Ils font face à neuf chefs d’accusation, incluant l’aide à l’entrée et au séjour irrégulier en France, ainsi que l’hébergement dans des conditions indignes.
Au moins huit travailleurs marocains auraient été victimes de cette escroquerie. Soutenus par la CFDT des Hautes-Pyrénées, ces hommes avaient été attirés par des promesses de contrats de travail et de documents de séjour en échange de sommes variant entre 10 000 et 15 000 euros. À leur arrivée en France, certains n’ont reçu ni carte de séjour ni contrat de travail, tandis que d’autres, bien que dotés de documents, n’ont pas été payés. Des témoignages indiquent que certains travailleurs ont été logés dans des conditions insalubres à Ibos, tandis que d’autres résidaient dans un foyer d’aide sociale.
L’enquête, initiée par la police judiciaire le 27 juin 2026, a été menée par des agents de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM). Bien qu’un jugement en comparution immédiate ait eu lieu ce jour-là, le juge a décidé de renvoyer l’audience pour permettre la poursuite des investigations.
En attendant la suite de l’enquête, le parquet a requis le maintien en détention des deux frères. L’Union Départementale CFDT des Hautes-Pyrénées, jointe en fin de journée, n’a pas pu fournir d’informations supplémentaires, bien que certains de ses membres aient assisté à l’audience.
Source : La Dépêche du Midi

