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Une coulée de boue massive dans le nord du Népal, à la frontière avec le Tibet, a causé la mort d’au moins 389 personnes. Cette tragédie serait liée à l’effondrement partiel des glaciers himalayens, selon des experts.
Les images de la catastrophe sont dévastatrices. En quelques secondes, une avalanche de boue et de débris a submergé une vallée où coulait tranquillement une rivière. La crue a emporté routes, ponts et habitations, dévalant vers les vallées environnantes. Ce désastre, survenu le 26 août, a particulièrement touché les villages de Rasuwa et Nuwakot, situés entre Katmandou et la frontière tibétaine.
Rojan Dhami, un résident de 38 ans du village de Devighat, a témoigné : « J’étais dans ma chambre lorsque j’ai vu tout le monde courir et crier que la crue arrivait. Moi, ma mère, ma tante et sa fille avons tenté de sauver mon grand-père. Nous avons à peine eu le temps de gagner le toit d’une maison voisine. » Il a été secouru par l’armée, mais reste sans nouvelles de certains de ses proches.
Températures anormales
Les coulées de boue dans cette région sont souvent causées par l’accumulation de pluies, mais cette catastrophe n’a pas été directement déclenchée par la mousson. Des images satellites indiquent qu’un glacier à la frontière sino-népalaise a joué un rôle crucial dans ce drame.
Ranjan Kumar Dahal, géologue à l’université Tribhuvan de Katmandou, a expliqué : « Au départ, nous pensions qu’il s’agissait d’une crue brutale d’un lac, mais il s’agit plutôt d’un effondrement majeur d’une partie des glaciers de la chaîne himalayenne du Langtang. » Ce type d’effondrement, impliquant glace et roches, présente un danger accru.
Dahal a également souligné que les fluctuations de température dans la région sont probablement liées au changement climatique, ce qui fragilise les glaciers. Le Centre international de développement intégré des montagnes (Icimod) a rapporté que les glaciers de l’Hindu Kush ont perdu environ 12 % de leur superficie entre 1990 et 2020, avec une fonte accélérée depuis 2000.
Les opérations de recherche se poursuivent, mais plus de 1 000 personnes sont toujours portées disparues, et les infrastructures essentielles, comme les ponts et les centrales hydroélectriques, ont subi des dommages importants. La Chine a émis un avertissement concernant la formation d’un nouveau lac d’altitude qui pourrait également poser des risques. Des ONG signalent également des risques de maladies liés à la contamination de l’eau suite aux dégâts causés par la catastrophe.
Source : Reporterre

