La solitude reprogramme le cerveau, entraînant une augmentation de la consommation d’alcool.

« Une avancée majeure » : la solitude reprogramme le cerveau pour faire consommer plus d’alcool

Une avancée majeure : la solitude reprogramme le cerveau pour accroître la consommation d’alcool

Des chercheurs de l’Université Northwestern (Illinois) et de l’Institut Salk d’études biologiques (Californie) ont identifié un mécanisme cérébral expliquant pourquoi la solitude peut inciter à une consommation accrue d’alcool. Leur étude, publiée dans la revue Nature Neuroscience, révèle que l’isolement social active un circuit cérébral spécifique, augmentant ainsi la vulnérabilité à l’abus d’alcool.

L’isolement et ses effets sur le cerveau

La solitude est reconnue comme un facteur de risque pour la consommation excessive de substances, notamment l’alcool. Pour comprendre les modifications cérébrales induites par l’isolement, les chercheurs ont mené des expériences avec des souris. Certaines ont été isolées, tandis que d’autres ont été maintenues en groupe comme groupe témoin. Chaque jour, les souris avaient une heure pour choisir entre de l’eau et une solution alcoolisée à 15%.

Les résultats ont montré que les souris mâles augmentaient progressivement leur consommation d’alcool, tandis que les femelles la diminuaient. Ces observations soulèvent des questions sur les différences de comportement entre les sexes face à l’isolement.

Un circuit cérébral spécifique impliqué

Les scientifiques ont utilisé des microscopes miniatures pour observer l’activité de cellules cérébrales pendant que les souris choisissaient leur boisson. Ils ont découvert un circuit reliant l’amygdale basolatérale, une région clé pour les émotions et la mémoire, au cortex préfrontal médian, impliqué dans la prise de décision.

Reesha Patel, co-auteure de l’étude, a déclaré : « Nos travaux montrent qu’une voie spécifique devient hyperactive pendant l’isolement et augmente directement la consommation d’alcool, et que les mâles et les femelles adoptent des stratégies neuronales différentes lorsqu’ils sont seuls. » Cette hyperactivité pourrait expliquer les différences observées entre les hommes et les femmes dans certains troubles neuropsychiatriques.

Perspectives de recherche

Les chercheurs s’interrogent désormais sur les raisons pour lesquelles ce circuit devient hyperactif en situation d’isolement et sur le rôle des hormones ou des différences neuronales entre les sexes. Ils s’interrogent également sur la possibilité de transposer ces résultats à l’humain.

Cette étude représente une avancée significative dans la compréhension des mécanismes cérébraux liés à la consommation d’alcool en situation d’isolement social.

Source : Nature Neuroscience

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