Cameroun : une série de féminicides ravive le débat sur un durcissement de la législation
Au Cameroun, l’émotion est palpable après une série de féminicides, avec au moins huit meurtres de femmes enregistrés entre le 17 et le 23 août. Face à cette situation alarmante, le ministère de la Promotion de la femme et de la famille a annoncé son intention de soumettre une proposition de loi lors de la prochaine session parlementaire. Cette initiative reflète également les préoccupations de la société civile concernant l’urgence d’une législation sur les violences basées sur le genre. Parallèlement, certains responsables politiques appellent à un renforcement des lois existantes.
Eli Bernard Nguele, un cadre du ministère, souligne que de nombreuses victimes de violences hésitent à porter plainte contre leurs agresseurs, souvent des proches. « Il y en a même qui dénoncent ces violences à notre niveau mais qui ne souhaitent pas que les auteurs soient informés », explique-t-il, ajoutant que le danger augmente lorsque les victimes renoncent à poursuivre leurs agresseurs après avoir dénoncé les actes de violence.
Yvonne Akoa, présidente de l’Association camerounaise des femmes juristes (Acafej), plaide pour une loi spécifique qui définirait et sanctionnerait les violences basées sur le genre, tout en offrant des mes préventives, comme la possibilité de saisir un juge pour obtenir des ordonnances d’éloignement.
Le député Cabral Libii dénonce quant à lui un « ensauvagement » de la société, appelant à un durcissement des sanctions pour que le dispositif légal devienne dissuasif.
Depuis le début de l’année, plus de 60 cas de féminicide ont été recensés au Cameroun, selon les statistiques du ministère de la Femme. La ministre Marie Thérèse Abena Ondoa a exprimé l’espoir que la proposition de loi soit examinée lors de la session parlementaire de novembre.
Source : RFI

