Le recul du libéralisme mondial face aux politiques protectionnistes de plusieurs États.

Le libéralisme mondial cède du terrain

Le libéralisme mondial cède du terrain

Après plus d’un demi-siècle de progression régulière et de domination idéologique, le libéralisme économique semble aujourd’hui remis en question. La foi dans les bienfaits du libre marché est affaiblie, et ce, au-delà de l’influence de Donald Trump. Un retour aux frontières et une réaffirmation de l’intervention de l’État dans l’économie sont observés à l’échelle mondiale.

1/ La revanche de l’économie domestique

Vincent Vicard, chercheur au Cépii, affirme que nous assistons à une « revanche de la production intérieure ». Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a mis en avant une stratégie économique axée sur le soutien aux entreprises locales, favorisant ainsi la création d’emplois pour la consommation américaine. Les États-Unis, selon cette vision, pourraient se passer des produits étrangers, comme le suggèrent les droits de douane élevés, qui visaient à limiter les importations.

En Chine, le gouvernement intensifie ses efforts pour stimuler la demande intérieure. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a mis en place un plan de dépenses publiques massif, investissant dans les infrastructures et la défense pour soutenir la croissance interne.

Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, a déclaré que le modèle économique européen, basé sur la croissance par la demande étrangère, n’est plus viable.

2/ Relocalisations payantes

En France, une étude de l’Insee et de la Banque de France indique qu’en 2019, 78 % de la demande intérieure finale était générée par de la valeur ajoutée française, contre 22 % pour la valeur ajoutée étrangère. Ce chiffre a diminué par rapport à 1965, où le « made in France » était à 89 %. La relocalisation d’activités pourrait engendrer des effets d’entraînement significatifs sur la valeur ajoutée nationale.

3/ Le retour du protectionnisme

L’environnement commercial mondial est de plus en plus contraignant. Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont imposé des droits de douane, et la Commission européenne a également mis en place des mes pour limiter certaines importations, comme les véhicules électriques et l’acier.

Les contrôles d’exportation se sont généralisés, notamment pour des secteurs stratégiques. La Chine a instauré un régime de licences d’exportation pour des matériaux critiques, renforçant ainsi son contrôle sur les ressources stratégiques.

Les experts de la Réserve fédérale de Saint-Louis rapportent une augmentation significative des restrictions à l’exportation, avec une multiplication des licences et des interdictions.

4/ Les politiques industrielles au service de la souveraineté

Les politiques industrielles prennent une place de plus en plus importante dans les stratégies économiques. Aux États-Unis, ces politiques sont en forte hausse, en particulier pour des raisons de sécurité économique. En Europe, des initiatives comme le Chips Act visent à développer des capacités de production locales, notamment dans le secteur des semi-conducteurs.

Conclusion

La rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, ainsi que le retour du protectionnisme, marquent une évolution significative des dynamiques économiques mondiales. Le modèle de la mondialisation libérale semble en déclin, laissant place à des stratégies plus interventionnistes et protectionnistes.

Source : Études de l’Insee, Banque de France, et autres analyses économiques.

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