Énergie fossile : 55 milliards de surcoût mensuel depuis février 2026
Depuis février 2026, les importateurs de combustibles fossiles ont enregistré un surcoût de 55 milliards de dollars chaque mois. En revanche, les États et entreprises qui ont investi dans les énergies renouvelables depuis 2020 ont économisé 36 milliards de dollars en cinq mois, soulignant l’efficacité de la transition verte comme stratégie de résilience.
Un coût de 55 milliards USD par mois pour les énergies fossiles depuis février 2026
Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) a évalué l’impact de la crise en cours : entre mars et août 2026, les prix du pétrole brut Brent ont augmenté de 35 % par rapport aux prévisions d’avant-guerre, atteignant en moyenne 93 dollars le baril. Le prix du diesel a grimpé de 59 %, tandis que le gaz naturel liquéfié asiatique a connu une hausse de 75 %. Le Brent a été échangé au-dessus de son niveau d’avant-crise durant 94 % des sessions de bourse. Selon Luke Wickenden, analyste énergie au CREA, « la meilleure façon de se protéger contre la hausse des prix du pétrole est de s’en désengager au plus vite. Les prix du pétrole et du gaz ont toujours été un point faible pour l’économie mondiale et les finances des ménages. »
L’Union européenne a subi le coût le plus important, avec 78 milliards de dollars supplémentaires, suivie par la Chine (35 milliards) et l’Inde (22,5 milliards). Les importateurs indiens ressentent particulièrement la pression de leur dépendance aux hydrocarbures, ce qui affecte leur balance commerciale. Les Pays-Bas, l’Italie, la France et l’Espagne ont payé 41 milliards d’euros de plus sans augmenter leurs volumes d’importation.
Les bénéficiaires : ceux qui ont misé sur les énergies renouvelables
La crise d’Ormuz met en lumière l’investissement vert comme un outil efficace de gestion des risques. Les pays ayant augmenté leur capacité de production d’électricité renouvelable depuis 2020 ont évité des achats de charbon, de gaz et de pétrole pour une valeur de 36 milliards de dollars sur les cinq premiers mois de la crise. Les données du CREA montrent que chaque mégawatt installé en solaire, éolien ou hydraulique entre 2020 et 2026 a permis des économies significatives. Les entreprises européennes ayant sécurisé des contrats d’achat d’électricité verte avant la crise bénéficient d’un avantage concurrentiel.
Le calcul du retour sur investissement des énergies renouvelables inclut désormais une prime de résilience géopolitique. Un parc éolien installé en 2022 offre non seulement une production à coût marginal quasi nul, mais protège aussi des fluctuations des marchés internationaux. Pour les directeurs financiers, le renouvelable est désormais perçu comme une couverture contre le risque énergétique.
Inégalités de coût : les pays pauvres plus touchés
Une fracture économique se dessine : les pays à faible ou moyen revenu consacrent environ 1,0 % de leur PIB aux coûts énergétiques supplémentaires, contre 0,45 % pour les économies développées, exacerbant les inégalités mondiales et menaçant la stabilité de plusieurs économies émergentes. La hausse de 59 % du prix du diesel touche directement 134 des 170 pays étudiés, les entreprises logistiques répercutant ces coûts sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Source : Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA)

