Des investissements mais pas d’emploi : la croissance française ne sait plus comment repartir
La France a enregistré un montant record d’investissements de 209,6 milliards d’euros au premier semestre 2026, soit quatre fois la moyenne semestrielle depuis 2009. Cependant, seulement 17 980 emplois nets ont été créés durant cette période, ce qui représente une baisse de 49 % par rapport à l’année précédente. Cette situation soulève des questions sur la capacité de l’économie française à transformer les investissements en création d’emplois.
Un record d’investissements qui masque des réalités inquiétantes
Entre janvier et juin 2026, la France a dépassé ses précédents records d’investissements. Selon Trendeo, la moyenne semestrielle depuis 2009 était de 52,4 milliards d’euros. Toutefois, David Cousquer, fondateur de Trendeo, a qualifié ce semestre de « médiocre », mentionnant que 39 541 postes ont été supprimés, maintenant le taux de chômage à 8,2 %, son niveau le plus élevé depuis 2020. Les secteurs des data centers et de l’énergie concentrent 76 % des investissements, avec respectivement 88,3 milliards et 71,5 milliards d’euros, mais ces secteurs génèrent peu d’emplois une fois opérationnels.
Les fractures structurelles de l’économie française
L’automatisation dans des secteurs clés, tels que l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies énergétiques, limite la création d’emplois. Un data center peut fonctionner avec une équipe réduite. Bien que les start-ups françaises aient levé 5,1 milliards d’euros, elles créent de moins en moins d’emplois par million investi, favorisant la scalabilité plutôt que l’embauche. De plus, la concentration géographique des investissements, notamment à Dunkerque qui reçoit 35,8 % des investissements nationaux, accentue les disparités régionales.
Chômage à 8,2 % : une conséquence de la déconnexion investissement-emploi
Dans le secteur industriel, bien que 5 539 emplois aient été créés, la France a enregistré 91 fermetures d’usines contre 51 ouvertures. Ces fermetures fragilisent le tissu industriel local, et les nouvelles ouvertures sont souvent automatisées. Ainsi, les suppressions d’emplois, totalisant 39 541, annulent les gains réalisés, laissant un solde net de seulement 17 980 emplois.
Repenser l’attractivité pour créer de véritables emplois
La France doit reconsidérer sa stratégie d’attractivité pour s’asr que les investissements se traduisent par des emplois durables. Il pourrait être pertinent de lier les aides publiques à des engagements en matière d’embauche et de réorienter les investissements vers des secteurs générateurs d’emplois, tels que l’industrie manufacturière, la santé et l’éducation. Une politique de répartition géographique des investissements est également essentielle pour éviter des disparités territoriales.
Sans une révision rapide de ces approches, les 209 milliards d’euros investis risquent de ne pas profiter aux millions de chômeurs en quête d’opportunités réelles.
Source : Trendeo

