Comment piloter son infrastructure IT malgré l’incertitude
Budgets en baisse, prix des serveurs multipliés par trois, délais de livraison franchissant la barre des dix mois : le pilotage des infrastructures IT est entré dans une zone de fortes turbulences. Pour décider sereinement, les DSI ont
Pendant longtemps, certains arbitrages d’infrastructure pouvaient encore être traités avec une forme de marge de manœuvre. Cependant, en 2026, le prix de certains serveurs a été multiplié par trois, transformant un achat auparavant maîtrisable en investissement lourd. À l’échelle d’un renouvellement complet, l’impact budgétaire devient considérable, obligeant les DSI à anticiper plus finement leurs besoins.
À cette hausse des coûts s’ajoute la contrainte de temps. Certains délais d’approvisionnement sur des serveurs de virtualisation peuvent atteindre dix à douze mois. Cette situation est exacerbée par la concentration des chaînes de production sur les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, rendant difficile une correction rapide des besoins identifiés.
Cette situation intervient alors que les budgets IT restent sous pression. Selon une étude d’Abraxio, 26 % des DSI anticipent une baisse de leur budget en 2026, contre 13 % en 2025. Parallèlement, les métiers attendent toujours plus de réactivité, notamment avec de nouveaux usages liés à l’IA. Le DSI doit donc absorber davantage de demandes avec moins de certitudes sur ses moyens.
La complexité technique ajoute un niveau supplémentaire de difficulté. De nombreuses organisations évoluent dans des environnements hybrides, associant cloud public, cloud privé, infrastructures on-premise et plusieurs hyperviseurs. Cette diversité, bien que flexible, multiplie les consoles et les indicateurs, augmentant les angles morts.
Sans vision claire des capacités réelles, le DSI peut se retrouver à arbitrer dans l’urgence, ce qui fragilise la relation avec les métiers. Le sujet dépasse alors la seule infrastructure : il touche directement la continuité d’activité et la capacité de l’entreprise à mener ses projets.
Pour sortir de cette logique subie, les DSI doivent s’appuyer sur une vision prospective de leur infrastructure. Le capacity planning joue un rôle central en permettant d’évaluer la capacité d’une plateforme à absorber une nouvelle application, d’anticiper l’impact d’une hausse d’activité et d’estimer le délai avant saturation. Ces simulations reposent sur une double lecture des ressources allouées et consommées, permettant d’éviter des décisions approximatives.
Avec des données historiques et consolidées, le DSI peut mieux anticiper et justifier ses choix d’investissement. Dans un marché instable, la connaissance précise de l’existant permet de prolonger la durée de vie des infrastructures et de ne justifier que les investissements devenus indispensables.
Source : EasyVirt

