À Carhaix, la rentrée des défenseurs de l’hôpital s’annonce chargée
Ce n’est pas un vent agréable qui souffle sur les plaines du Centre-Bretagne. Alors que la rentrée approche, la situation de l’hôpital de Carhaix se profile à nouveau comme un sujet brûlant. Depuis la réouverture partielle des urgences il y a presque un an, l’application du protocole signé avec l’État peine à avancer pour cet établissement public qui couvre un territoire de plus de 80 000 habitants. Les embûches se sont multipliées pour ses défenseurs politiques et syndicaux, dont la priorité reste la réouverture complète du service. Entre évolutions législatives contestées et menaces de poursuites judiciaires liées à une action menée il y a trois ans à Quimper, la rentrée des militants carhaisiens s’annonce particulièrement animée.
La « goutte d’eau » de la perte du vote délibératif
La dernière ombre au tableau est survenue fin juin. Alors que le conseil de surveillance du CHRU installait son nouveau président, le maire de Carhaix, Christian Troadec, a perdu sa voix délibérative au sein de l’instance. La direction de l’hôpital évoque l’application de la loi « 3DS » de 2022, effective depuis le renouvellement d’octobre 2025. Cette me est mal reçue dans le Poher, comme dans l’ensemble du territoire. La députée Mélanie Thomin a qualifié cette décision d’« injustice à corriger », soulignant qu’il est « incompréhensible que les élus du Centre-Bretagne n’aient plus voix au chapitre ».
Les élus locaux partagent ce sentiment d’incompréhension. Le conseiller départemental costarmoricain Alain Gueguen dénonce un « déni de démocratie », rappelant que le préfet aurait pu maintenir l’édile carhaisien en le nommant au titre des personnalités qualifiées. Au lieu de cela, le représentant de l’État a désigné l’homme d’affaires brestois Jacques Le Failler, un choix qualifié « d’outrage » par Jean-Pierre Hémon, référent santé du Pays COB. Face à ce qu’il perçoit comme une manœuvre politique, Christian Troadec a saisi le tribunal administratif, affirmant : « Il ne faut pas compter sur notre lassitude. Nous ne lâcherons jamais. »
De mauvais pressentiments et un mouvement judiciarisé
À ce sentiment de mépris institutionnel s’ajoute une vive inquiétude face à la judiciarisation du mouvement. Le comité de vigilance de l’hôpital, représenté par Matthieu Guillemot, ainsi que les syndicats CGT et CFDT dénoncent un « acharnement judiciaire ». Une information judiciaire a été ouverte en avril dernier par le parquet de Quimper, suite à l’envahissement des locaux de l’Agence régionale de santé (ARS) en 2023. Les militants estiment que l’abandon de ces poursuites est essentiel pour apaiser le climat social, alors que les conditions de travail au sein des services restent très difficiles.
Face à des signaux inquiétants, les défenseurs de l’hôpital espèrent ne pas vivre un retour en arrière. Mélanie Thomin a déploré la passivité de l’ARS, dont un rapport de l’IGAS a souligné l’absence de cap clair au sein de l’agence bretonne. Malgré cette situation incertaine, la position des défenseurs de l’hôpital demeure sans ambiguïté : la mobilisation reste intacte.
Source : Le Télégramme

