À la Une : Le genou tout neuf de Paul Biya
Le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, est rentré à Yaoundé le 20 août après une absence de plus de 70 jours, officiellement pour un « court séjour privé en Europe ». Sa longue absence a suscité de nombreuses interrogations, notamment sur son état de santé, souvent entouré de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement.
Selon des sources, dont le site Jeune Afrique, cette absence était liée à une opération du genou subie à Genève, en Suisse. Le président, qui avait été annoncé comme étant en mauvaise santé, a été vu récemment debout, lisant un discours et posant avec la sélection nationale féminine de football, victorieuse de la Coupe d’Afrique des nations. Bien qu’il ait encore besoin d’assistance pour marcher, cette opération aurait été réalisée par des médecins suisses et indiens.
Attentes et interrogations
Le retour de Paul Biya soulève de nombreuses attentes parmi les Camerounais, qui espèrent une reprise des affaires du pays. Eric Boniface Tchouakeu, journaliste, souligne que ce retour ne ras pas nécessairement les sceptiques, notamment les leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger. Malgré sa signature de décrets pendant son absence, des problèmes persistent, comme l’absence de formation d’un nouveau gouvernement depuis l’élection présidentielle d’octobre 2025 et des scandales liés à l’exploitation de l’or au Cameroun.
La guerre de succession
La nomination d’un vice-président, réintroduite en avril dernier, reste également en suspens, ajoutant à l’incertitude politique. Le quotidien Libération évoque une « guerre de succession » entre deux clans proches de Paul Biya. D’un côté, le clan de Chantal Biya, la seconde épouse du président, et de l’autre, le clan Bulu, lié à sa première épouse, Jeanne-Irène. Franck Biya, fils aîné de Paul Biya, est perçu comme le principal rival de sa belle-mère dans cette lutte pour le pouvoir.
Les factions familiales ont tenté de prendre de l’avance durant l’absence prolongée du président. Les Camerounais, désabusés, expriment leur inquiétude face à un régime perçu comme corrompu et répressif. Haman Mana, journaliste en exil, redoute un scénario chaotique similaire à celui d’Haïti, le jour où Paul Biya ne sera plus en me d’exercer le pouvoir.
Sources : Jeune Afrique, Libération

