Gaza : le désarmement proposé face à un cessez-le-feu qui entraîne des victimes civiles

Gaza : le pari du désarmement face à un cessez-le-feu qui continue de tuer

Gaza : le pari du désarmement face à un cessez-le-feu qui continue de tuer

Sur le papier, l’impasse qui paralysait l’après-guerre à Gaza depuis la signature, en octobre 2025, d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, commence à évoluer. Le 30 juillet, le Hamas et d’autres factions palestiniennes ont accepté une feuille de route en 15 points, prévoyant le démantèlement de leurs arsenaux et le transfert de l’ensemble de leurs responsabilités civiles et sécuritaires à une administration palestinienne transitoire. Selon Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil de la paix à Gaza, cette avancée est sans précédent.

Pour la première fois depuis que le mouvement islamiste a pris le contrôle de Gaza en 2007, la perspective de désarmement ne repose plus uniquement sur une exigence israélienne ou américaine, mais est intégrée dans un cadre accepté par le Hamas lui-même. L’accord prévoit un processus graduel où les armes doivent être retirées, rendues inutilisables sous supervision internationale, chaque étape étant certifiée avant de passer à la suivante.

Cependant, la réalité du terrain demeure préoccupante. Les frappes israéliennes continuent, ayant causé plus de 100 morts et plus de 400 blessés parmi les Palestiniens depuis l’acceptation de la feuille de route. Environ deux tiers du territoire restent inaccessibles ou soumis à de fortes restrictions d’accès par Israël.

Nickolay Mladenov a mis en garde contre la poursuite des frappes en soulignant qu’un cessez-le-feu, sous lequel des civils continuent d’être tués, ne peut être considéré comme effectif. L’urgence humanitaire est également alarmante. Bien que la situation alimentaire se soit améliorée depuis la famine de l’été 2025, les progrès restent fragiles et réversibles. Les agences de l’ONU alertent sur un épuisement imminent des stocks de nourriture et d’autres biens essentiels.

En parallèle, la situation en Cisjordanie soulève des inquiétudes supplémentaires. Des attaques de colons israéliens se poursuivent, souvent dans une quasi-impunité, tandis que des projets de construction de logements dans la zone E1 pourraient compromettre la viabilité d’un État palestinien.

La contradiction entre les efforts de désarmement à Gaza et la détérioration des conditions en Cisjordanie souligne la complexité de la situation. La reconstruction de Gaza et la résolution politique sont intrinsèquement liées, et l’objectif reste de réunifier Gaza et la Cisjordanie sous un gouvernement palestinien unique et légitime.

M. Mladenov a averti que l’alternative est claire : soit une Gaza désarmée et reconstruite, soit une enclave de nouveau armée, divisée et en ruines, propice à la radicalisation.

Source : Conseil de sécurité des Nations Unies.

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