Les petits téléphériques historiques misent sur le numérique pour durer
Dans les cantons d’Uri, Nidwald et Obwald, les petits téléphériques historiques sont des éléments essentiels du paysage et du quotidien. Cependant, leur avenir est incertain : près de la moitié d’entre eux rencontrent des difficultés financières. Cet été, la RTS a exploré deux téléphériques, leurs histoires et leurs stratégies pour perdurer.
Pour les habitants de Wiesenberg, un hameau situé au-dessus de la vallée de Dallenwil, le téléphérique à deux cabines de quatre places est un moyen de transport crucial. « Il transporte le courrier, les enfants qui vont à l’école, et les personnes âgées sans voiture. En hiver, lorsque la route est difficile ou enneigée, il est encore plus indispensable », explique Janine Giesler, membre du conseil d’administration de la coopérative Dallenwil – Wiesenberg.
Cabines en libre-service
Depuis deux ans, les habitants utilisent le téléphérique en libre-service grâce à une application qui permet d’appeler la cabine depuis un smartphone. Adrian Niederberger, président de la coopérative, note : « Nous pouvons désormais exploiter la ligne 24h/24 lorsque les conditions le permettent, tout en réduisant les coûts de personnel. » Aujourd’hui, près de 80 % des trajets sont effectués de manière autonome par les usagers, avec des paiements électroniques et une surveillance à distance.
Un investissement nécessaire, mais coûteux
Cette modernisation a coûté 1,2 million de francs. « Ces coûts n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a trente ou quarante ans. Sans le soutien du canton et les dons privés, il aurait été impossible de financer ces travaux », indique Niederberger. Bien que la ligne bénéficie d’un soutien financier depuis son intégration au réseau cantonal de transports publics, son équilibre économique reste précaire.
À Niederbauen, un téléphérique victime de son succès
À Emmetten, le téléphérique de Niederbauen attire plus de 90 000 visiteurs chaque année, principalement des touristes. Avec seulement deux cabines de huit places, les files d’attente peuvent dépasser deux heures durant les journées estivales les plus fréquentées. Pour gérer cette affluence, un système de réservation par créneaux horaires a été mis en place.
Solidarité entre petits téléphériques
Le succès de Niederbauen bénéficie également à d’autres installations modestes. Dans les cantons de Nidwald, Uri et Obwald, plusieurs petits téléphériques sont regroupés au sein d’associations comme les « Amis des petits téléphériques ». Ce système de solidarité aide à maintenir des lignes moins fréquentées, souvent utilisées par des familles de montagne ou des exploitations agricoles.
Une attraction à part entière
Chaque téléphérique constitue une attraction unique. Toutefois, les exploitants doivent faire face à des exigences réglementaires de sécurité de plus en plus strictes, ce qui représente une charge importante pour ces petites structures.
Entre climat et nouveaux usages
Le changement climatique modifie la fréquentation de la montagne, rendant ces installations de plus en plus nécessaires, notamment pour suppléer à des routes touchées par des éboulements. Les hivers moins enneigés et la sécheresse estivale augmentent la dépendance à ces infrastructures.
En dépit de ces défis, la pérennisation des installations actuelles et la construction de nouvelles liaisons ne sont pas garanties. La Confédération a récemment recalé plusieurs projets de liaison plaine-montagne, les jugeant insuffisants en termes de rapport coût-utilité.
Source principale : RTS

