Sécheresse : le gouvernement assouplit les règles AOP de trois fromages
La sécheresse exceptionnelle de l’été 2026 pousse le gouvernement à ajuster temporairement les normes de production des célèbres fromages AOP Abondance, Beaufort et Comté. Cette décision, prise à travers trois arrêtés publiés le 26 août, met en lumière une réalité économique difficile : l’augmentation des coûts de production, qui se traduira par une hausse des prix pour le consommateur.
Les raisons de la hausse des prix des fromages AOP
Le ministère de l’Agriculture a signalé que la croissance des prairies permanentes a chuté de 33 % au 10 août 2026 par rapport à la moyenne de 1989-2018. Cette situation oblige les éleveurs à acheter du fourrage externe à des prix élevés, perturbant l’équilibre économique de la production fromagère. Les marges s’effondrent alors que les coûts augmentent.
Impact des coûts du fourrage importé
Pour faire face à la pénurie d’herbe, les producteurs importent massivement du fourrage. Les 400 élevages bio concernés ont dû acheter du fourrage non bio, une première qui souligne l’urgence de la situation. Les prix du foin et des aliments concentrés grimpent sur les marchés agricoles. Pour le Beaufort, la complémentation alimentaire maximale passe de 1,5 kg à 4 kg par vache et par jour, soit une augmentation de 2,7 fois.
Qui supportera les coûts pour l’Abondance, Beaufort et Comté ?
Les modifications des cahiers des charges révèlent l’ampleur des besoins financiers. Pour l’Abondance, la part d’alimentation externe passe de 35 % à 50 %. Les fourrages secs produits hors zone peuvent désormais représenter jusqu’à 70 % de l’approvisionnement, contre 30 % auparavant. Pour le Comté, l’obligation d’affouragement en vert à 100 % est suspendue jusqu’au 31 octobre 2026, augmentant ainsi les coûts.
Les mes gouvernementales : solution temporaire ou incomplète ?
Les trois arrêtés du 21 août, signés par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, offrent une marge de manœuvre réglementaire aux éleveurs. Cependant, l’INAO souligne que ces mes sont une réponse à des circonstances exceptionnelles et que le niveau de qualité doit être préservé.
Conséquences pour les consommateurs : hausses de prix attendues
Le ministère de l’Agriculture décrit la situation fourragère comme « très dégradée » dans presque toutes les régions françaises, ce qui laisse présager une augmentation des prix. Les distributeurs prévoient déjà d’ajuster les tarifs en rayon. Les fromages AOP pourraient voir leurs prix augmenter de 10 à 20 %, avec le Comté en tête des hausses potentielles.
Cette sécheresse de 2026 ne se limite pas à un événement climatique isolé ; elle expose la vulnérabilité économique d’un système de production confronté à des conditions météorologiques extrêmes. Le plan d’urgence du 3 septembre décidera si l’État soutiendra cette transition.
Source : Ministère de l’Agriculture, INAO.

