Canicules en Europe : Un bilan provisoire alarmant de 32 000 décès excédentaires
Cet été, l’Europe a été frappée par des vagues de chaleur exceptionnelles, entraînant un bilan provisoire de 32 000 décès excédentaires en seulement deux mois, selon la plateforme européenne de surveillance de la surmortalité, EuroMomo. Ce chiffre pourrait encore augmenter, car l’été n’est pas encore terminé.
Décompte macabre
Un décompte réalisé par l’AFP, basé sur des bilans nationaux partiels de huit pays (Allemagne, France, Belgique, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Autriche et Portugal), fait état de plus de 33 000 décès en excès. Parmi les données recueillies :
- En Allemagne, jusqu’au 9 août, 14 000 décès ont été rapportés, principalement chez les personnes de plus de 75 ans.
- En France, le bilan provisoire de Santé publique France jusqu’au 22 juillet indique 7 300 décès.
- La Belgique a enregistré 2 570 décès entre le 18 juin et le 17 juillet.
- En Espagne, près de 4 500 décès ont été recensés entre début juin et le 19 août.
- Au Royaume-Uni, les canicules de mai et juin ont causé 2 877 décès.
- Aux Pays-Bas, environ 1 000 décès supplémentaires ont été notés entre le 22 juin et le 5 juillet.
- En Autriche, 400 décès ont été rapportés en juin.
- Au Portugal, 600 décès ont été enregistrés entre mi-juin et fin juillet.
Impact sur toutes les tranches d’âge
En France, de 17 juin au 2 juillet, Santé publique France a noté que l’excès de mortalité de 5 764 décès touchait toutes les classes d’âge, sauf les moins de 15 ans. Bien que les personnes âgées de 75 ans et plus représentent les deux tiers des décès, une augmentation significative a été observée dès 45 ans.
Conséquences indirectes des canicules
Les canicules ne causent pas seulement des décès directs. Selon Basile Chaix, chercheur à l’Inserm, l’excès de mortalité de fin juin a atteint 35 % dans toutes les catégories d’âge, y compris chez les 15-64 ans. La chaleur peut provoquer des déshydratations, des défaillances cardiovasculaires, et aggraver des maladies chroniques. De plus, elle augmente les risques d’accidents, de violences, et de suicides, souvent liés à une irritabilité accrue.
Les recherches montrent également une hausse des noyades, avec 301 décès par noyade signalés en France entre le 19 juin et le 23 août, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année précédente.
Face à cette situation, des mes de prévention sont nécessaires, comme la mise à disposition de lieux frais et des systèmes de climatisation, surtout que plus de la moitié des décès surviennent à domicile.
À me que les canicules deviennent plus fréquentes et intenses, il est crucial de se demander comment la société peut s’adapter à une chaleur de plus en plus extrême.
Source : EuroMomo, Santé publique France, AFP

