Menacé de mort depuis six ans, l’influenceur Niçois « SuperSero » entame une grève de la faim pour dénoncer la sérophobie
Depuis le 24 août, Nicolas Aragona, connu sous le nom de « SuperSero », et Christophe Paco, tous deux séropositifs, ont cessé de s’alimenter devant le palais de justice de Reims. Leur action vise à alerter sur les discriminations persistantes envers les personnes vivant avec le VIH et à demander une loi d’urgence pour reconnaître la sérophobie.
Nicolas Aragona, 26 ans, déclare vivre sous la menace depuis six ans. « Je perdrai mes kilos tant que nous n’obtiendrons pas de projet de loi », a-t-il affirmé au début de son mouvement. Ce texte, selon lui, permettrait de mieux protéger les personnes concernées.
L’influenceur, qui compte 400 000 abonnés sur TikTok et 110 000 sur Instagram, utilise ses plateformes pour déconstruire les idées reçues sur le VIH. Cependant, cette visibilité a entraîné une augmentation des menaces. « Il y a un mois, on a frappé à ma porte, et j’ai reçu jusqu’à 70 appels en moins de 48 heures », témoigne-t-il.
Les messages reçus sont souvent violents, certains indiquant des intentions de violence physique. Ces menaces ont conduit Aragona à se retirer de la vie sociale. « Je ne sors plus de chez moi depuis longtemps », confie-t-il, précisant qu’il a contacté la police après avoir reçu de nouvelles intimidations.
Malgré la peur, il refuse de se taire. « On me dit d’arrêter les réseaux, mais je dénonce ce que je vis au quotidien, juste parce que je vis avec le VIH », conclut-il.
Cette mobilisation met en lumière la nécessité de protections légales pour les personnes vivant avec le VIH, alors que la sérophobie reste un sujet tabou dans la société.
Source : La Dépêche

