« Il faut tout recommencer, repartir de zéro » : après le démantèlement d’un campement sauvage, l’appel à l’aide des sans-abri de Caen
Publié le 26/08/2026 à 14h06 – Mis à jour le 26/08/2026 à 14h43
Une centaine de manifestants s’est rassemblée devant l’hôtel de Ville de Caen, mardi 25 août en fin de journée. Parmi eux, des sans domicile fixe (SDF) et un collectif de citoyens souhaitant leur venir en aide. Ils réclament notamment la création d’un nouveau centre d’accueil de nuit et d’un terrain viabilisé pour accueillir temporairement les sans-abri.
Le 30 juillet dernier, le campement sauvage de SDF installé cours Caffarelli sur la presqu’île de Caen (Calvados) a été évacué par les forces de l’ordre. Près d’un mois plus tard, le collectif citoyen a organisé une manifestation devant la mairie pour interpeller les élus sur le suivi des personnes à la rue et les solutions trouvées pour les loger dignement.
« Quand on pose une tente en ce moment, il y a la brigade verte qui vient ou la police. Dès qu’on n’est pas là, les tentes sont enlevées et on perd tout ce qu’on a à l’intérieur, on ne le retrouve pas en fait », rapporte La Plume, un sans-abri. « Tout ce qui est téléphone, carte d’identité, carte vitale, tout mon traitement parce que je suis cardiaque, tout est volé et il faut tout recommencer, repartir de zéro », renchérit Speedy, elle aussi à la rue.
À Caen, et plus largement dans le Calvados, les centres d’accueil de nuit sont la plupart du temps pleins. Les hôtels et hébergements dépendants des services de l’État pour loger des demandeurs d’asile sont également saturés depuis plusieurs années. Cette situation a conduit à une multiplication des campements sauvages dans l’agglomération, laissant les sans domicile fixe dans des conditions précaires, exposés à des problèmes d’hygiène, ainsi qu’à la violence, aux trafics et à la prostitution.
Pour tenter de leur offrir une existence moins pénible et plus sûre, un collectif citoyen réclame que la mairie agisse. « On a envie d’aider à la mise en place d’un nouveau centre d’accueil de nuit, ainsi qu’un terrain viabilisé avec l’eau et l’électricité, qui pourrait accueillir ces gens pour qu’ils campent dans des conditions un peu plus décentes en attendant d’avoir mieux », explique Emmanuel Constant, membre du collectif.
Il souhaite également que « la mairie soit constructive et pas seulement répressive ». Amandine Goguillon, première adjointe en charge de la jeunesse et des sports, était présente ce mardi pour échanger avec les sans-abri et les militants. « J’ai pris pas mal de coordonnées de situations individuelles. Chaque situation a une histoire particulière qu’il faut traiter indépendamment », a-t-elle déclaré.
Si elle n’a pas répondu à la question du lieu d’accueil, elle s’est engagée à ce que le maire reçoive les personnes qui le souhaitent. « Ce sujet-là est compliqué, c’est pour ça qu’il faut prendre les choses avec un principe de responsabilité et d’humanité », a-t-elle ajouté. Une réponse qui ne satisfait pas vraiment les attentes du collectif de citoyens, qui espère que la situation se décante véritablement dans les prochaines semaines.
Source : France 3 Régions

