L’Assemblée vote une revalorisation des petites retraites agricoles

5 juin 2026 à 14h07Mis à jour le 8 juin 2026 à 10h17

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Le 4 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, contre l’avis du gouvernement, une proposition de loi visant à revaloriser les petites retraites agricoles. Ce texte, porté par le député communiste Julien Brugerolles, s’inscrit dans un effort pour améliorer les conditions des retraités dont les pensions sont les plus faibles.

Trois mes principales ont été retenues pour aborder les inégalités touchant en particulier les femmes retraitées, souvent conjointes d’exploitants ou aides familiales. La me phare prévoit d’étendre la revalorisation de la retraite à 85 % du Smic, soit environ 1 200 euros par mois, pour les carrières complètes des conjoints collaborateurs et aides familiaux, touchant environ 186 000 retraités, dont 178 000 femmes.

Pour le calcul de la majoration du montant minimal de retraite garanti pour une carrière complète, certaines pensions ou bonifications, telles que celles obtenues en cas de famille nombreuse, ne seront plus prises en compte, ce qui devrait entraîner un gain d’environ 66 euros par mois pour 61 000 bénéficiaires, dont 52 000 femmes. En outre, le texte prévoit la suppression du mécanisme d’écrêtement qui prive plus de 100 000 retraités de revalorisations lorsqu’ils ont cotisé à plusieurs régimes.

Cette initiative fait suite aux réformes « Chassaigne » de 2020 et 2021, ainsi qu’à la loi Dive, qui avaient déjà relevé le minimum de pension agricole à 85 % du Smic pour les chefs d’exploitation.

Le gouvernement, par la voix du ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, s’est opposé à cette proposition, la qualifiant de coûteuse, avec un impact estimé à 1 milliard d’euros par an pour le régime agricole. Il a souligné que cette loi n’est pas financée autrement que par une augmentation de la fiscalité.

Selon les dernières données de la Mutualité sociale agricole (MSA), au 31 décembre 2024, 1,1 million de retraités relevaient du régime des non-salariés agricoles, percevant une pension moyenne de 1 316 euros bruts par mois, avec un écart de 18,4 % en défaveur des femmes par rapport aux hommes.

Source : Reporterre

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