Les pratiques quotidiennes en France peu influencées par les préoccupations environnementales, selon l’Insee.

Les changements environnementaux inquiètent, mais les pratiques quotidiennes ne sont pas guidées par l’écologie - Insee Première

L’environnement est plus prioritaire pour les jeunes et pour les personnes plus diplômées

Depuis plusieurs années, l’environnement est devenu une préoccupation majeure en France, bien que son importance dans la hiérarchie des priorités nationales varie selon le contexte. En 2025, 9 % des Français considèrent l’environnement comme le premier enjeu pour le pays, derrière la santé (24 %), la violence et l’insécurité (24 %), ainsi que les inégalités et le pouvoir d’achat (19 %). Les préoccupations écologiques avaient atteint un pic en 2019, marqué par la publication du rapport du GIEC et des événements médiatiques tels que les marches pour le climat.

Les jeunes et les personnes diplômées du supérieur sont plus enclins à citer l’environnement comme une priorité. En 2025, 18 % des diplômés du supérieur l’ont mentionné, contre seulement 5 % des personnes peu ou pas diplômées. De plus, 12 % des jeunes de moins de 35 ans l’ont cité, comparativement à 6 % des personnes âgées de 65 ans ou plus. Cette tendance se renforce avec le niveau de revenu déclaré par le ménage.

Face au dérèglement climatique, 39 % des Français se déclarent très inquiets, un chiffre qui monte à 46 % parmi les diplômés du supérieur. Les femmes sont également plus préoccupées que les hommes (41 % contre 37 %). En revanche, seulement 21 % des personnes qui considèrent l’immigration comme un enjeu principal se disent très inquiètes à ce sujet.

Concernant les comportements, 82 % des Français limitent leur chauffage en hiver, principalement pour des raisons économiques (65 %), tandis que seulement 12 % le font pour des raisons environnementales. Ce comportement est plus fréquent parmi les diplômés du supérieur (87 %) que chez ceux peu ou pas diplômés (79 %).

Enfin, 70 % des Français déclarent limiter leur consommation de viande rouge, souvent pour des raisons sanitaires ou économiques. Les préoccupations écologiques ne représentent que 10 % des motifs avancés pour cette limitation.

La perception des efforts individuels pour l’environnement varie également. 49 % des personnes estiment faire autant d’efforts que les autres, tandis que 39 % pensent en faire davantage.

Ces résultats soulignent un décalage entre les préoccupations environnementales croissantes et les actions concrètes menées au quotidien.

Source : Insee, enquête de conjoncture auprès des ménages (Camme), juin, septembre et décembre 2025.

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