Handicap : « Depuis qu’il est moins accompagné, Enzo a régressé »
À quelques jours de la rentrée scolaire, des milliers de familles d’enfants handicapés n’ont pas de solution pour scolariser leurs enfants ou trouver un établissement spécialisé. À Peyrolles-en-Provence, Magali se bat depuis quatre ans pour son fils Enzo, 16 ans. Cette situation est emblématique d’une problématique plus large rencontrée par de nombreuses familles.
Pour beaucoup, la préparation de la rentrée scolaire se fait avec les fournitures et les inscriptions. Cependant, pour d’autres, les préoccupations sont bien plus graves. Trouver une place dans un institut médico-éducatif (IME) ou une solution d’accompagnement dans une école publique s’avère souvent sans issue. Magali, qui vit à Peyrolles-en-Provence, se retrouve dans cette incertitude. Son fils Enzo ne bénéficiera cette année que d’une journée par semaine dans un IME.
Magali exprime son désespoir : « Je suis en colère, cela fait quatre ans que je suis sur liste d’attente, et je dois gérer un ado de 16 ans qui se montre parfois agité, c’est très dur. Depuis 2022, je vois bien qu’il a régressé. » En raison de cette situation, elle a dû prendre un congé de présence parentale, malgré le fait qu’elle soit elle-même AESH, une profession en manque dans les écoles pour s’occuper d’enfants handicapés.
Faute de solution, Magali s’occupe seule d’Enzo, en alternance avec son père, dont elle est séparée. Elle souligne : « Depuis le mois de juin, il suit un traitement qui l’apaise. Sans cela, il peut être très agité. Chaque fenêtre est sécurisée pour qu’il ne puisse pas l’ouvrir. » Cette mère témoigne de sa fatigue : « C’est épuisant, je n’ai plus de vie, et quand Enzo est chez son père, je m’écroule. »
Le témoignage de Magali fait écho à des constats plus larges. L’Unapei, qui défend une école plus inclusive pour les enfants en situation de handicap, a récemment publié une étude révélant que 67% des associations interrogées estiment que la situation est restée stable entre 2025 et 2026. Seules 19% constatent une amélioration, tandis que 14% parlent d’une dégradation. Plus alarmant encore, 76% des enfants handicapés sont scolarisés moins de douze heures par semaine.
Cette situation met en lumière les défis persistants auxquels sont confrontées les familles d’enfants handicapés en France, soulignant l’urgence d’une réforme pour améliorer l’accès à l’éducation spécialisée.
Source : Unapei

