Une sonde soviétique a survécu 127 minutes sur Vénus, malgré des températures extrêmes.

En 1982, une sonde soviétique a survécu 127 minutes dans l'enfer de Vénus, sous une chaleur qui fait fondre le plomb

Venera 13 : La sonde soviétique qui a défié Vénus pendant 127 minutes

En mars 1982, la sonde soviétique Venera 13 s’est posée sur Vénus, selon la fiche d’archive de la NASA. L’engin a fonctionné plus de deux heures au sol, alors que ses concepteurs ne lui avaient prévu qu’une demi-heure de fonctionnement. Aucune autre sonde n’a jamais tenu aussi longtemps sur cette planète brûlante, écrasée par une atmosphère extrêmement dense. Quarante-quatre ans après, Venera 13 reste une source essentielle d’informations sur le paysage vénusien.

Vénus : Un environnement hostile

Le paysage de Vénus est marqué par des températures atteignant 457 °C et une pression de 89 atmosphères terrestres. À cette température, le plomb fond dès 327 °C, tandis que l’étain et le zinc fondent à des températures encore plus basses. La pression sur Vénus est comparable à celle que subissent les sous-marins militaires à 900 mètres de profondeur sous l’océan.

Le voyage vers Vénus a duré quatre mois. Le véhicule de descente a ouvert son parachute à 63 kilomètres d’altitude. À 47 kilomètres, il a largué la voilure et a poursuivi sa descente freinée par l’air, touchant le sol à 03 h 57 TU, à l’est de la région de Phoebe Regio. L’engin a fonctionné pendant 127 minutes, bien au-delà des 32 minutes initialement prévues, avant que ses caméras ne cessent de transmettre.

Les découvertes de Venera 13

Les caméras de Venera 13 ont réalisé les seules photographies couleur du sol vénusien. Installées de part et d’autre de l’engin, elles ont capturé deux champs opposés après l’éjection de leurs capots. Ce système de télévision couleur, utilisant des filtres bleu, vert et rouge, a permis de transmettre des images vers la Terre via un module de survol.

Les photographies révèlent des dalles plates et anguleuses, posées sur un sol sombre à grains fins, sans dunes ni relief marquant. L’atmosphère, chargée de dioxyde de carbone, absorbe le bleu, donnant un ciel orangé. Plusieurs équipes ont retravaillé ces données au fil des ans, produisant des variations de couleurs.

Un bras foreur a également prélevé un échantillon de terrain, qui a été conservé dans une chambre hermétique à 30 °C et 0,05 atmosphère. Les analyses ont montré une roche alcaline riche en potassium, tandis que Venera 14, à 950 kilomètres de là, a prélevé un basalte différent. La croûte de Vénus demeure encore mal connue.

Un retour sur Vénus en préparation

Depuis les atterrisseurs Vega en 1985, aucun engin n’a visité Vénus. La chaleur, la pression et l’acidité détruisent rapidement le matériel. Magellan a cartographié la planète au radar, tandis que Venus Express et Akatsuki ont étudié son atmosphère de loin. La NASA prépare cependant la mission Davinci, dont le lancement est prévu pour la fin de la décennie, visant à analyser la chimie de l’atmosphère vénusienne.

En attendant, les panoramas de Venera 13 restent les seules images couleur prises depuis le sol de Vénus.

Source : NASA

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