Namibie : 60 ans après la guerre d’indépendance, des mémoires toujours vives.

Namibie: 60 ans après le début de la guerre d’indépendance, une mémoire encore douloureuse

Namibie : 60 ans après le début de la guerre d’indépendance, une mémoire encore douloureuse

Le 26 août, la Namibie célèbre le « Jour des héros », une journée fériée dédiée à la commémoration du début de la guerre d’indépendance du pays. Cette année marque le 60e anniversaire du début de la lutte armée, initiée par les militants de la South West Africa People’s Organization (Swapo) contre les forces de l’apartheid sud-africain, qui occupaient alors cette ancienne colonie allemande.

Ce conflit, encore relativement méconnu, s’inscrit dans le cadre plus large de la guerre froide, comme l’indique Marius Kudumo, expert en relations internationales. Selon lui, « l’année 1966 marque le début de la lutte armée pour la libération ». Les populations avaient d’abord tenté d’autres moyens, tels que des pétitions, mais sans succès. La Swapo a alors décidé de prendre les armes pour obtenir l’indépendance et la liberté de la Namibie.

Kudumo explique que la Swapo et d’autres mouvements de libération étaient perçus comme communistes en raison de leur soutien soviétique. En revanche, le gouvernement sud-africain était soutenu par certains pays, dont les États-Unis, qui considéraient qu’il combattait cette idéologie. Cela a considérablement freiné le droit à l’autodétermination des Namibiens.

La Namibie a finalement obtenu son indépendance en 1990. Depuis lors, la Swapo, toujours au pouvoir, entretient la mémoire de cette lutte et rend hommage à ceux qui se sont battus. Cette année, les dépouilles de deux combattants, rapatriées d’Afrique du Sud, doivent être réinhumées dans le pays.

Cependant, des zones d’ombre subsistent. La Commission vérité et réconciliation sud-africaine a enquêté sur ce conflit dans les années 1990, mais la Namibie n’a jamais mis en place sa propre commission et a refusé que des audiences soient tenues de l’autre côté de la frontière.

Des voix s’élèvent pour libérer la parole. Minette van der Walt, documentariste, a découvert tardivement l’histoire de son père, un ancien conscrit sud-africain. Elle souligne l’importance de parler de ces événements souvent tus, en raison de leur complexité et de leur lien avec l’apartheid. Elle a réalisé un documentaire intitulé Unspoken War.

De l’autre côté de la frontière, la question de la mémoire est également présente en Namibie, notamment concernant les personnes accusées par la Swapo d’être des espions. Henning Melber, ancien membre du parti, appelle à une reconnaissance officielle des actes répréhensibles commis durant cette période.

La Namibie continue de faire face à son passé, cherchant un équilibre entre mémoire et réconciliation.

Source : RFI

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