Retooling to Help Democracy Revive
Dans son nouveau livre, What Happened to Liberal Democracy? Remaking a Politics of Shared Prosperity, l’économiste du MIT Daron Acemoglu examine le lien entre démocratie et prospérité économique. Il souligne que la démocratie favorise la croissance économique, un constat établi au fil de l’expansion de l’économie industrielle au 19ème et 20ème siècles, tant au Royaume-Uni qu’aux États-Unis.
Depuis 1980, les États-Unis ont connu une augmentation marquée des inégalités de revenus, conséquence de la désindustrialisation et de l’externalisation de la production. Acemoglu affirme que cette réorganisation économique a eu des conséquences civiques profondes, laissant une classe ouvrière isolée et de plus en plus aliénée des institutions démocratiques.
Acemoglu plaide en faveur d’un renouveau du « libéralisme de classe ouvrière », qui cherche à établir une coalition large en faveur de l’autogouvernance et de l’état de droit. Selon lui, la démocratie est la seule forme de gouvernance qui promeut les droits et libertés, tout en permettant l’expérimentation nécessaire pour relever les défis d’un monde complexe.
L’économiste a également souligné que l’autogouvernance est un effort continu, et que les solutions doivent être adaptées aux réalités d’une société pluraliste. Dans ce contexte, il met en lumière les défis posés par la polarisation politique et les inégalités croissantes, exacerbées par des tendances technologiques et économiques telles que l’automatisation.
Acemoglu note que la prospérité des classes moyennes a stagné, avec une croissance des revenus d’environ 0,5 % par an ces dernières décennies, par rapport à 2,5 % par an dans les années 1970. Cette situation a contribué à un fossé croissant entre les travailleurs qualifiés et ceux moins éduqués, redéfinissant ainsi les dynamiques politiques et culturelles aux États-Unis.
En conclusion, Acemoglu souligne que la démocratie, bien que confrontée à des défis importants, reste un projet en cours. Il appelle à un engagement renouvelé pour forger un « libéralisme de classe ouvrière », essentiel pour revitaliser la démocratie et garantir une prospérité partagée.
Source : MIT News



