La RDC, plus grande réserve de terres arables du continent africain
La République démocratique du Congo (RDC) possède environ 80 millions d’hectares de terres arables, représentant près d’un tiers de son territoire. Cependant, ce potentiel agricole demeure largement inexploité, car seulement 10 % de ces terres sont actuellement valorisées. Cette situation laisse le pays très dépendant des importations alimentaires, malgré un essor du maraîchage, notamment dans les cultures de chou, radis et carottes à l’Est.
Le secteur agricole souffre principalement d’un manque d’infrastructures routières. Les dessertes agricoles, construites avant l’indépendance, se sont dégradées en raison d’un manque d’entretien et d’investissement. Ce constat est partagé par Alain Pholo Bala, économiste au Service Public Fédéral Finances de Belgique et chercheur associé à l’Université de Johannesburg.
Les cultures de rente, telles que le café et l’huile de palme, n’ont pas atteint leur plein potentiel. La production de café, par exemple, est aujourd’hui « qu’un fragment de ce qu’elle a été dans les années 1980-1990 ». Le gouvernement congolais vise néanmoins à augmenter la production de cacao, un secteur qu’il considère comme prioritaire.
L’agriculture pourrait toucher 70 % de la population vivant en zone rurale, représentant ainsi un levier économique majeur, capable de générer plus d’emplois que le secteur minier, qui a jusqu’à présent attiré la majorité des investissements étrangers.
Alain Pholo Bala suggère que des ponts pourraient être établis entre les secteurs minier et agricole, en affectant une partie des recettes minières au développement agricole. Selon le rapport Demeter, la RDC pourrait devenir un « État pivot » sur le plan alimentaire, avec la capacité de nourrir plus de deux milliards de personnes, bien au-delà de sa population prévue, qui devrait doubler d’ici 2050.
Source: RFI.



