DECRYPTAGE. Bovins touchés, troubles nerveux chez des chevaux. que sait-on sur le virus

Décryptage : Le virus « Shamonda » inquiète les éleveurs en Suisse et en Europe

Détecté pour la première fois en Suisse cet été, le virus « Shamonda » affecte actuellement de nombreux élevages bovins à travers l’Europe. Transmis par des moucherons, ce virus, qui ne présente aucun danger pour l’homme, entraîne des symptômes tels que fièvre et baisse de production laitière chez les vaches.

À la fin juillet, des éleveurs suisses ont signalé des symptômes préoccupants chez leurs animaux, notamment de la fièvre et des diarrhées, souvent accompagnées d’une diminution significative de la production laitière, selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (Osav).

Les analyses menées par les autorités sanitaires suisses ont confirmé qu’il s’agit du virus « Shamonda », appartenant à la famille des orthobunyavirus, principalement transmis par les insectes de type Culicoïdes (moucherons piqueurs, moustiques). Ce virus a également été détecté dans des fœtus avortés de vaches et des échantillons cérébraux de chevaux présentant des troubles nerveux. Historiquement, ces virus sont présents en Afrique, en Asie et en Australie.

Le virus ne constitue pas une menace pour la santé humaine. Comme de nombreux orthobunyavirus du sérogroupe Simbu, il est strictement zoonotique, ciblant le bétail et d’autres ruminants. La manipulation des animaux infectés ou la consommation de produits laitiers et de viande issus des exploitations touchées ne présente aucun risque pour les humains.

Depuis sa découverte, la maladie s’est rapidement propagée dans le sud et l’est de la Suisse, touchant désormais 22 cantons, y compris le Tessin, Glaris et les Grisons, ainsi que la Principauté du Liechtenstein. Cette propagation est exacerbée par le déplacement des populations d’insectes et le transport d’animaux, avec des cas confirmés en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et en Autriche. Les vagues de chaleur estivales pourraient également favoriser la prolifération des moucherons vecteurs.

Pour endiguer la propagation de ce virus, les autorités recommandent une surveillance épidémiologique rigoureuse et la réduction de l’exposition aux moucherons par l’utilisation de répulsifs et une gestion adéquate de l’humidité dans les élevages. En l’absence de vaccin commercialisé pour cette souche, la coopération sanitaire entre la Suisse et ses pays voisins reste cruciale pour suivre et limiter l’évolution de cette épizootie.

Sources : La Dépêche du Midi, Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (Osav).

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