Épidémies en République Démocratique du Congo : un fléau persistant
En République Démocratique du Congo (RDC), une nouvelle flambée de choléra suscite des inquiétudes au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le pays, déjà touché par des épidémies d’Ebola, fait face à une multitude de maladies endémiques, exacerbées par des facteurs environnementaux et sécuritaires.
Entre les semaines 1 et 32 de 2026, l’OMS a enregistré 39.483 cas suspects de choléra et 1.173 décès, avec une létalité de 2,97 %. Comparativement, en 2025, 46.661 cas suspects et 1.412 décès avaient été rapportés, bien que la tendance actuelle indique une hausse des cas au cours des quatre dernières semaines.
Le choléra est récurrent en RDC, qui concentre encore 12 % des cas mondiaux de paludisme, selon un rapport de l’OMS de 2019. En outre, la RDC est également sujette à des épidémies de rougeole, particulièrement mortelles pour les enfants, avec un risque qui pourrait être réduit de moitié par la vaccination, selon Médecins sans frontières.
Les fièvres hémorragiques, y compris Ebola, représentent une menace constante. L’OMS a déclaré, le 17 mai dernier, une urgence de santé publique de portée internationale pour Ebola, qui est actuellement l’épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.
Les épidémies sont exacerbées par des facteurs environnementaux et biologiques. Le climat tropical et les forêts denses de la RDC favorisent le développement de réservoirs naturels pour des virus tels qu’Ebola. Le système de santé, déjà fragile, peine à contenir la prolifération des maladies. L’absence de vaccin contre la souche actuelle d’Ebola, Bundibugyo, est particulièrement préoccupante.
Les équipes médicales ont également du mal à détecter les cas, car les outils diagnostiques ne sont pas adaptés à cette souche. Des chercheurs estiment que la dernière vague d’Ebola a commencé en février, plusieurs mois avant sa déclaration officielle.
Le contexte sécuritaire dans l’est de la RDC complique davantage la lutte contre les épidémies. La région de l’Ituri, foyer principal d’Ebola, est marquée par des violences armées qui entraînent le déplacement de populations et rendent difficile l’accès des équipes médicales aux zones touchées. Selon le Dr Charles Kashindi, directeur d’un hôpital à Bunia, « lorsqu’il y a des problèmes, notamment des coups de feu, personne ne peut tenir sa position. »
Les déplacements massifs de populations compliquent le contrôle des épidémies, rendant difficile le traçage des chaînes de contamination. Pour lutter contre la propagation des maladies, l’OMS préconise de renforcer les centres de traitement, de poursuivre la chloration de l’eau, et d’intensifier la sensibilisation communautaire.
Source : TV5MONDE



