Qualité des eaux de baignade sur la Côte d’Opale : pourquoi il ne faut plus mettre la poussière sous le tapis

Qualité des eaux de baignade sur la Côte d’Opale : un enjeu de santé publique à ne pas négliger

Mercredi 5 août dernier, l’équipe de La Belle Plage était présente sur la plage de Merlimont. L’objectif de cette intervention était d’informer les citoyens sur la réalité de la qualité de l’eau, de leur faire découvrir une grille de lecture adaptée, et de leur fournir des leviers d’action concrets pour protéger leur santé et leur environnement.

Après un passage sur BFM TV, un constat s’impose : la tendance chez certains gestionnaires est de « mettre la poussière sous le tapis », arguant qu’un jour de grand soleil sans pluie rend l’eau apparemment propre. Cette vision est jugée dangereuse, surtout face à l’augmentation des canicules et à l’intensification des activités récréatives en mer. La qualité des eaux de baignade devient ainsi un enjeu majeur de santé publique et de bien-être citoyen.

Pourquoi une grille de lecture stricte est essentielle

L’Agence Régionale de Santé (ARS) évalue actuellement la qualité des eaux en utilisant une moyenne glissante sur quatre ans, neutralisant parfois certains prélèvements en raison d’événements pluvieux ponctuels. Cependant, La Belle Plage refuse de minimiser ces résultats :

  1. Les orages révèlent les failles : Un pic de pollution après la pluie est un symptôme direct d’un réseau d’assainissement défaillant.
  2. Pour une eau propre chaque jour : Les baigneurs ne se baignent pas dans une moyenne statistique, mais dans une eau à un moment précis. Seules les analyses 100 % saines doivent être considérées.
  3. Protection toute l’année : Les contrôles officiels s’arrêtent au 15 septembre, ignorant les utilisateurs d’eau en automne et en hiver.

Panorama des plages de la Côte d’Opale

L’analyse s’appuie sur des données brutes de l’ARS, traitées selon une méthodologie stricte :

  • Stella-Plage (Cucq) – Bien classée : Amélioration nette de la qualité de l’eau grâce à des investissements dans les infrastructures.
  • Le Touquet-Paris-Plage – Déconseillée : Fragile, en raison de sa proximité avec l’estuaire de la Canche, entraînant des pics bactériens après pluie.
  • Berck-sur-Mer – Déconseillée : Vulnérabilité structurelle liée à la baie d’Authie, avec des concentrations bactériennes élevées par temps de pluie.
  • Boulogne-sur-Mer – Déconseillée : Multiples facteurs de risque, notamment un réseau d’assainissement en difficulté.
  • Hardelot-Plage – À éviter : Problèmes d’infrastructures sous-dimensionnées, entraînant des rejets directs d’eaux usées.

Leviers d’action pour améliorer la qualité des plages

Pour garantir une qualité d’eau acceptable, des actions doivent être entreprises à plusieurs niveaux :

  1. Pour les collectivités :

    • Adapter les infrastructures d’assainissement à la fréquentation estivale.
    • Végétaliser et désimperméabiliser les surfaces pour améliorer l’infiltration des eaux de pluie.
    • Moderniser les réseaux vétustes et prolonger la surveillance de la qualité de l’eau.
  2. Pour les citoyens :

    • Vérifier les branchements d’assainissement pour éviter les erreurs.
    • Éviter de jeter des lingettes dans les toilettes.
    • Installer des systèmes de récupération d’eau de pluie pour réduire le ruissellement.

Profiter de la mer durant les périodes de chaleur est un droit pour tous, mais garantir une eau saine est un devoir de santé publique. Il est crucial d’exiger des infrastructures d’assainissement adaptées aux enjeux climatiques actuels et futurs.

Source : La Belle Plage, BFM TV

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