Cyberattaque aux impôts : derrière la faille informatique, la question des moyens

Cyberattaque aux impôts : derrière la faille informatique, la question des moyens

Les chiffres donnent la me de la menace

En deux ans, les cyberattaques contre la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) ont augmenté de 170 %, passant de 2 579 en 2023 à 6 972 en 2025. Ces attaques ciblent des « données d’une sensibilité critique », selon les termes de la direction. La question se pose alors : la DGFiP possède-t-elle encore les moyens humains et techniques pour y faire face ?

Cyberattaques à la DGFiP : la CGT avait alerté

Depuis janvier, les incidents informatiques se multiplient à la DGFiP : ordinateurs bloqués, applications indisponibles, et données bancaires consultées frauduleusement. Dès mars, la CGT Finances publiques a tiré la sonnette d’alarme, affirmant qu’« il n’y a pas de solution magique, il faut des moyens et notamment des moyens humains ». Fanny De Coster, secrétaire générale de la CGT, a rappelé que des alertes avaient été émises sur les risques liés à la « dette informatique » accumulée. Elle souligne que « les moyens budgétaires pour développer la sécurité informatique sont largement insuffisants ».

DGFiP : près d’un tiers des emplois de titulaires supprimé depuis 2008

Cette fragilité informatique est à replacer dans le contexte de l’évolution des moyens de la DGFiP. Bien qu’une cyberattaque ne soit pas uniquement liée aux suppressions d’emplois, la question demeure : peut-on sécuriser les données de millions de contribuables tout en réduisant les effectifs et les moyens de la DGFiP ? Dans une lettre adressée aux député·es le 30 janvier 2026 concernant la loi de finances, Fanny De Coster a indiqué que depuis sa création en 2008, la DGFiP a subi 32 596 suppressions d’emplois à temps plein, soit 29 % de ses emplois de titulaires.

Des compétences stratégiques à préserver face aux cyberattaques

Sécuriser les données nécessite également des compétences adéquates. Face aux niveaux de rémunération offerts dans le secteur privé, la fonction publique peine à recruter et fidéliser les spécialistes nécessaires. La CGT demande donc une « revalorisation de toutes les carrières » pour restaurer l’attractivité des concours et permettre à la DGFiP de conserver la maîtrise de son système informatique.

Cybersécurité : pour la CGT, l’État doit investir

Bien que la DGFiP continue d’investir dans l’informatique, les priorités de ces investissements sont questionnées. Fanny De Coster a exprimé que ces investissements répondent à une logique d’« efficience », davantage orientée vers des économies d’emplois que vers la sécurisation des systèmes. Le récent piratage met en lumière ces préoccupations.

Protéger les données des contribuables, c’est donner des moyens à la DGFiP

L’État, en collectant et en conservant les données personnelles de millions de contribuables, a la responsabilité de garantir leur protection. Pour cela, les agents doivent disposer des moyens humains, techniques et financiers nécessaires. La réponse ne peut se limiter à demander davantage de vigilance aux personnels. La cybersécurité nécessite des emplois, des qualifications reconnues et des investissements informatiques adéquats.

Après des années de suppressions d’emplois et de restrictions budgétaires, il est crucial de redonner à la DGFiP les moyens nécessaires pour protéger les données, les agents et le service public, dans l’intérêt des usagers.

Source : CGT Finances Publiques

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