L’Australie interdit la musique générée par IA dans ses classements officiels
L’Australie a décidé d’exclure de ses classements musicaux officiels les morceaux créés en grande partie ou entièrement par l’intelligence artificielle (IA). Selon les nouvelles directives de l’Australian Recording Industry Association (ARIA), les sorties doivent être « majoritairement créées par des humains ». Cette décision vise à « promouvoir la dimension humaine de la création artistique », alors que les titres générés par l’IA prennent de plus en plus d’ampleur sur les plateformes de streaming et les radios.
Cette initiative fait suite à une controverse impliquant le DJ australien Josh Fawaz, dont une reprise de « Like A Prayer » de Madonna, élaborée avec l’aide de l’IA, a atteint la première place du classement ARIA des singles dance et la deuxième place du classement général. Après une réaction négative du public, Fawaz a ajouté des crédits à l’IA générative sur le morceau, qui a été écouté plus de 48 millions de fois sur Spotify.
Les nouvelles règles permettent aux artistes d’utiliser l’IA dans leur processus créatif, à condition qu’un humain ait écrit la chanson et interprété les voix et les instruments principaux. Le mastering assisté par l’IA reste également autorisé. Annabelle Herd, directrice générale de l’ARIA, a souligné que l’usage de l’IA doit évoluer sans compromettre les fondements de la musique enregistrée.
La décision de l’ARIA intervient alors que la présence de l’IA dans l’industrie musicale devient de plus en plus significative. Une étude de SubmitHub a révélé qu’environ 40 % des nouveaux morceaux publiés mondialement en juillet 2026 avaient recours à l’IA dans leur création. L’analyse de plus d’un million de titres a montré que 23,2 % étaient entièrement générés par l’IA, tandis que 15,3 % contenaient de l’audio généré par l’IA modifié par des humains.
Spotify a également pris des mes pour faciliter l’identification des artistes générés par l’IA, en introduisant un badge « AI Persona » sur certains profils d’artistes à partir de septembre. Ces « AI Personas » seront exclues des recommandations pour mettre en avant la musique d’artistes humains. L’an dernier, la plateforme a retiré 75 millions de morceaux indésirables, soulignant les défis posés par la montée de la musique générée par l’IA.
La montée en popularité de la musique générée par l’IA soulève des questions sur son impact sur l’industrie musicale. Des projets comme The Velvet Sundown, un groupe de rock psychédélique, ont réussi à attirer un large public, dépassant le million d’auditeurs mensuels. Cependant, des doutes persistent quant à l’authenticité de ces artistes, alimentant le débat sur l’avenir de la musique dans un monde de plus en plus dominé par l’IA.
Source : Euronews



