La Suède s’efforce de renforcer sa production d’antibiotiques malgré des défis d’approvisionnement
BERLIN – La Suède cherche à accroître sa production nationale d’antibiotiques, mais ne pourra pas atteindre une autosuffisance totale sans garantir un approvisionnement en principes actifs. C’est ce qu’a déclaré Erik Haeffler, PDG du laboratoire pharmaceutique public APL, lors d’un entretien avec Euractiv.
Un an après l’acquisition par le gouvernement suédois d’un site de production pour améliorer la préparation médicale et accroître l’autosuffisance en matière d’antibiotiques, l’installation entre dans une nouvelle phase, mais reste dépendante des ingrédients pharmaceutiques actifs (IPA) importés. Le ministère suédois de la Défense a souligné en juin 2025 l’importance de garantir l’accès aux médicaments vitaux en période de tensions géopolitiques, annonçant l’achat d’une usine pour 65 millions d’euros.
Haeffler a précisé que cette usine viendrait compléter le réseau de production existant d’APL, qui fabrique actuellement environ 200 produits sur différents sites en Suède. Le site de Strängnäs est particulièrement important car il se spécialise dans les médicaments à base de pénicilline, utilisés pour traiter des infections courantes et prévenir les infections postopératoires.
APL a déjà eu recours à des médicaments magistraux pour pallier des pénuries, bien qu’il soit difficile de prédire l’ampleur de cette activité. Cependant, une production nationale accrue ne garantira pas une autonomie totale, car APL achète des principes actifs auprès de plusieurs fournisseurs, dont l’usine Sandoz de Kundl, en Autriche.
L’Europe reste fortement dépendante des fournisseurs asiatiques pour ses ingrédients pharmaceutiques. Le site de Kundl, qui bénéficie d’une aide de l’État autrichien de 50 millions d’euros, est l’une des dernières chaînes de production de pénicilline verticalement intégrée en Europe. Se lancer dans la production de composés actifs nécessiterait des investissements considérables et prendrait plusieurs années à mettre en place.
Haeffler a noté que la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la production asiatique de médicaments génériques est en partie due aux plafonds de prix, qui rendent la fabrication en Europe moins attractive. En 2025, la Suède a enregistré des pénuries de 120 antibiotiques, soulignant les défis persistants auxquels sont confrontées les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Source : Euractiv



