Minembwe : Le mécanisme de vérification du cessez-le-feu à l’épreuve du terrain
Dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), le mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu entre Kinshasa et l’AFC/M23 a été déployé pour la première fois sur le terrain. Une mission s’est installée ce lundi à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, avec le soutien logistique de la Monusco. Ce déploiement, attendu depuis plusieurs mois, intervient alors que les combats et les accusations mutuelles persistent.
Cette mission marque une étape significative, après une répétition générale effectuée la semaine dernière, lorsque l’hélicoptère de la Monusco avait déjà rejoint Minembwe, servant de test avant l’exercice de vérification. Le mécanisme a été prévu par le cessez-le-feu signé à Doha en octobre 2025, ses termes ayant été adoptés en février, et le mémorandum pour son opérationnalisation n’ayant été signé qu’en avril. Les trois officiers désignés par Kinshasa n’ont rejoint Goma qu’en juillet.
Le contexte reste tendu. Lundi, l’AFC/M23 a accusé les Forces Armées de la RDC (FARDC) d’avoir bombardé Nyaruhinga, près de Minembwe, tandis que Kinshasa a de son côté accusé l’AFC/M23 et les forces rwandaises de commettre de graves exactions dans les zones qu’ils contrôlent.
Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme a documenté, pour le seul mois de juin, 216 atteintes attribuées à l’AFC/M23, ainsi que des violations imputées aux FARDC et aux Wazalendo. Cependant, il demeure difficile de vérifier ces accusations de manière indépendante.
Sur le plan politique, des discussions récentes en Suisse ont abouti à un texte évoquant une feuille de route, mais aucune signature formelle n’a été enregistrée, chaque partie ayant exprimé des réserves. Une nouvelle rencontre est envisagée pour octobre, mais des accords sur les protocoles restants devront encore être négociés.
Source : RFI


