Les messageries hors service : la cyberattaque « freine » les proviseurs à quelques jours de la rentrée
Les chefs d’établissement se préparent à la rentrée scolaire dans un contexte perturbé, conséquence de la cyberattaque ayant touché l’Éducation nationale. Cette intrusion, survenue dans la nuit du 25 juillet, a été revendiquée par le groupe de hackers ZeroBytes le 17 août. Le ministère a qualifié cette attaque d’« intrusion frauduleuse » et a lancé des mes de sécurisation des données, entraînant des difficultés pour de nombreux proviseurs à moins d’une semaine de la prérentrée prévue le 1er septembre.
François Resnais, secrétaire national au SNPDEN-Unsa et proviseur au lycée Auguste-Renoir à Paris, souligne les impacts de cette situation : « Sécuriser les données provoque le verrouillage de certaines applications. On a du mal à obtenir les informations dont on a besoin pour travailler. » De nombreux personnels ne peuvent pas accéder aux nominations des professeurs. En Île-de-France, l’ENT (Espace Numérique de Travail) ne sera pas opérationnel avant demain, rendant difficile la communication entre collègues et l’élaboration des emplois du temps.
Dans ce contexte, François Resnais exprime ses craintes concernant d’éventuelles nouvelles cyberattaques durant l’année scolaire, notant que ces intrusions deviennent de plus en plus fréquentes et sophistiquées. « Il faut davantage de sécurisation et cloisonner les informations pour limiter l’exposition aux pirates », avertit-il. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a confirmé l’interruption de certains services, notamment à distance, afin de prendre des mes de sécurité complémentaires.
Les applications seront progressivement rétablies par académie, les dernières devant rouvrir aujourd’hui et demain. Le ministre a également annoncé la mise en place de solutions techniques, telles que la double authentification, qui sera déployée jusqu’à début 2027 sur toutes les applications de l’Éducation nationale. Édouard Geffray a précisé que près de la moitié de la population française a accès à au moins une application de l’Éducation nationale, soulignant l’importance de renforcer la sécurité face à cette « dette technologique » que le ministère s’efforce de résorber.
Source : DNA



