Zambie : Fermeture des tribunaux le dernier jour de dépôt des contestations à la présidentielle
En Zambie, les autorités ont ordonné la fermeture des tribunaux et de toutes les institutions judiciaires ce lundi 24 août, marquant ainsi le dernier jour accordé à l’opposition pour contester la victoire du président sortant Hakainde Hichilema, élu lors de la présidentielle du 13 août. Cette décision a été justifiée par des « raisons de sécurité », sans qu’aucune date de réouverture ne soit communiquée.
Les autorités zambiennes, par le biais d’une directive signée par l’administrateur en chef du pouvoir judiciaire, ont demandé au personnel judiciaire de ne pas se rendre au travail ce jour-là. Des forces de sécurité ont été déployées autour de la Haute Cour de Lusaka, de la Cour suprême, qui abrite également la Cour constitutionnelle, ainsi que de plusieurs tribunaux locaux, pour en bloquer l’accès, selon des témoignages sur place.
Réactions de la société civile
Cette me a suscité des réactions vives de la part d’organisations de la société civile, qui qualifient cet événement de « sans précédent » et incompatible avec une démocratie constitutionnelle fondée sur la séparation des pouvoirs. En fin de journée, un communiqué de la police a confirmé des « contrôles de sécurité dans des institutions ciblées », précisant que ces opérations n’étaient dirigées contre aucun individu ou groupe en particulier.
L’avocate et défenseuse des droits humains, Linda Kasonde, a exprimé son inquiétude face à la coïncidence de cette fermeture avec l’expiration du délai constitutionnel de sept jours pour contester les résultats de l’élection présidentielle. Elle a souligné que cette situation prive les Zambiens de leur droit constitutionnel à un recours judiciaire.
Situation politique
Brian Mundubile, le candidat de l’opposition ayant obtenu 38% des voix, avait prévu de déposer une pétition pour contester la réélection d’Hakainde Hichilema, qui a remporté 60% des suffrages, en invoquant des irrégularités durant le scrutin. Cependant, avec la fermeture des tribunaux, il est désormais dans l’incertitude quant à la possibilité de faire entendre sa contestation.
Cette situation fait suite à une vague d’arrestations et à la mort par balle d’un parlementaire de l’opposition lors d’une opération des forces de sécurité, ce qui a conduit Mundubile à se réfugier auprès d’une organisation internationale.
Source : RFI



