Le Buerehiesel : Une Étoile Manquante
Le Guide Michelin continue de faire défaut à l’Alsace, laissant la région, jadis reconnue pour son excellence culinaire, dans l’ombre. Depuis la rétrogradation de l’Auberge de l’Ill, aucun restaurant n’a su regagner ses trois étoiles. Olivier Nasti reste bloqué à deux étoiles, tandis que le Crocodile ne conserve qu’une étoile. Le Buerehiesel, dirigé par Éric Westermann, est quant à lui totalement absent du palmarès, sans aucune étoile attribuée.
Cette situation soulève des questions quant à la reconnaissance de la cuisine alsacienne. Lors d’un repas au Buerehiesel, l’absurdité de cette évaluation devient évidente. Éric Westermann, fils d’Antoine Westermann, continue de proposer une cuisine de haut niveau, alliant tradition et innovation. Les amuse-bouches, tels que le tétraède de chou-rave et le maquereau fumé, témoignent d’une précision et d’une créativité remarquables.
Le plat phare, un artichaut Camus, démontre la maîtrise technique du chef. Décliné sous plusieurs formes et accompagné d’une sauce au caramel d’orange, il illustre une cuisine raffinée et accessible. Les langoustines, saisies à la perfection, ainsi que le foie gras accompagné de melon, renforcent cette impression de qualité.
Les desserts, allant du soufflé aux cerises à la pavlova à la rhubarbe, prolongent cette expérience gastronomique, tandis que la cave propose des vins de choix, tels que le riesling Clos des Capucins.
Cette absence d’étoile interroge non seulement le chef mais aussi le Guide Michelin lui-même. Alors que la cuisine alsacienne semble reléguée au second plan, il est légitime de se demander si cette situation ne reflète pas une politique de classement plus large.
Source : Gilles Pudlowski



