La batida, le son électro des diasporas africaines venu de Lisbonne

La batida : Le son électro des diasporas africaines

Publié le : 24/08/2026 – 16:59
Temps de lecture : 3 min

Un genre musical encore peu connu commence à faire vibrer les clubs et les scènes alternatives de plusieurs capitales européennes. La batida, qui signifie « battement » en portugais, se distingue par un tempo d’environ 140 BPM, caractéristique de ce style.

C’est dans la banlieue de Lisbonne que la batida a vu le jour, créée par des artistes issus de la diaspora africaine dans les années 2000. Ce genre musical puise dans les rythmes africains, notamment ceux de l’Angola, intégrant des percussions métalliques et des sonorités qui renouvellent les codes de la musique électronique. Le label pionnier Príncipe Discos a joué un rôle clé dans la diffusion de cette musique au-delà des frontières portugaises, célébrant cette année son 15e anniversaire. Malgré cela, la batida reste relativement discrète sur la scène internationale.

Vanyfox, DJ d’origine angolaise ayant grandi à Lisbonne, décrit la batida comme une histoire des diasporas africaines : « C’est de la musique électronique, née à Lisbonne, profondément influencée par les musiques africaines, particulièrement le kuduro angolais. C’est un rythme très dansant, alors s’il faut danser, on va danser ! »

Les premières notes de batida ont émergé à Quinta do Mocho en 2004, où DJ Lycox, encore enfant, découvre ce son novateur grâce aux plus âgés. « Les plus âgés venaient à l’école avec des Nokia XpressMusic et nous faisaient écouter des morceaux de batida. C’était plus agressif que le kuduro que nous écoutions sur les cassettes de nos parents », se souvient-il.

En 2011, la création de Príncipe Discos a structuré le mouvement, permettant à la batida de se faire connaître à l’international. Aujourd’hui, les DJs de ce genre se produisent dans des clubs à Lisbonne, Paris, Berlin, Vienne, et Amsterdam, tout en cherchant à faire découvrir la batida sur les scènes africaines.

DJ Marfox, un pionnier de la batida d’origine santoméenne, évoque le processus créatif qui a mené à l’élaboration de ce son : « La batida s’inspire essentiellement du kuduro. Nous avons enrichi nos morceaux avec des rythmes plus mélodiques, fusionnant le kuduro avec la techno. Ce mélange a donné à notre musique son groove unique. »

Marfox souligne également l’importance de renforcer les liens avec l’hémisphère sud : « J’ai déjà joué à Luanda, à Praia, Nairobi et en Ouganda. Je suis convaincu qu’un avenir radieux attend la batida. »

Source : RFI

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