Limogeage du DG de la SING SA : Vers une disparition de la société ?
Dix ans après sa création dans le cadre du projet eGabon financé par la Banque mondiale, la Société d’incubation numérique du Gabon (SING SA) traverse une période troublée. Son directeur général, Yannick Ebibie Nze, a été limogé lors d’un récent conseil d’administration, alors qu’il était en France pour des raisons personnelles. Parallèlement, des doutes persistent quant à l’avenir de la société dont les locaux au centre-ville de Libreville auraient été vidés, et un projet de fusion avec le Centre gabonais de l’innovation (CGI) est en cours d’examen au ministère de l’Économie numérique.
Le conseil d’administration, réuni pendant deux jours, a décidé de mettre un terme aux fonctions de Nze, une décision jugée surprenante étant donné qu’il était absent. Son successeur n’est pas encore connu, et l’intérim a été confié à Cyrille Ndong, directeur général adjoint de la Société du patrimoine et des infrastructures numériques (SPIN), qui détient 30 % du capital de la SING SA pour le compte de l’État gabonais.
Ce limogeage survient dans un contexte où des rumeurs évoquent une réorganisation profonde des dispositifs d’accompagnement de l’innovation numérique au Gabon. Les locaux de la SING SA ne seraient plus occupés depuis environ une semaine, et aucune nouvelle adresse officielle n’a été communiquée, ce qui soulève des questions sur l’avenir de la société.
Concernant une éventuelle fusion avec le CGI, ce dernier est présenté comme un « hub d’innovation et de technologie » et pourrait devenir le principal acteur public en matière d’innovation au Gabon. Cela soulève des interrogations sur le sort des actifs de la SING SA et sur le transfert éventuel de son mobilier vers le CGI.
Malgré des résultats significatifs revendiqués par la SING SA depuis 2018, notamment l’accompagnement de plus de 314 startups et un taux de survie post-incubation de 68 %, des sources évoquent des pressions sur la direction qui auraient conduit à cette situation. Le contexte institutionnel a évolué, l’État cherchant à rationaliser ses outils numériques et à éviter les doublons entre structures publiques.
Pour l’instant, aucune communication officielle ne confirme la disparition imminente de la SING SA, mais les éléments recueillis laissent penser qu’une réorganisation majeure est en cours. La question demeure : cette évolution est-elle le résultat d’une stratégie de rationalisation ou traduit-elle l’échec d’un dispositif qui avait été présenté comme un modèle d’accompagnement pour les startups gabonaises ?
Affaire à suivre.
Source : Gabonreview.com



