Ebola en RDC : « On essaie de faire de notre mieux pour sauver plus de personnes », témoigne un médecin
En République démocratique du Congo (RDC), le virus Ebola continue de se propager, engendrant un sentiment d’impuissance face à l’absence de vaccin ou de traitement efficace. L’épidémie, qui s’étend sur une superficie supérieure à celle de la France, a causé plus de 2 500 décès en trois mois, selon les Nations Unies, dont 43 agents de santé. Les soignants, souvent en zone de guerre, sont préoccupés par leur santé et leur sécurité.
Le docteur Alex Bonane Murutsi, qui a survécu au virus, témoigne de son expérience après avoir été infecté lors d’une césarienne à Mongbwalu. « J’avais vraiment peur », se souvient-il, faisant référence à la perte d’un confrère juste avant sa propre contamination. Après 20 jours de traitement, il est guéri, mais il souligne que de nombreux malades dans les villages refusent de se rendre dans les centres de soins, compliquant ainsi les efforts de lutte contre l’épidémie.
À Nizi, l’une des zones les plus touchées, le docteur Patient Kipala Wenga constate que de nombreux patients arrivent trop tard, souvent dans un état critique. « C’est compliqué et on essaie de faire de notre mieux pour en sauver plus », déclare-t-il. Les contaminations sont souvent familiales, exacerbées par des rites funéraires qui impliquent la participation de proches lors des enterrements.
À Bunia, l’épicentre de l’épidémie, le docteur Serge Lemy, président provincial de la Croix-Rouge en Ituri, exprime son inquiétude face à un relâchement des mes de prévention. « Le lavage des mains systématique, la prise de température, tout ça a été au point. Mais on a remarqué un relâchement. C’est affreux », avertit-il. En attendant, le virus continue de faire des ravages, avec un malade qui meurt toutes les 30 minutes en RDC.
Source : Nations Unies, témoignages de médecins sur le terrain.



