Sécheresse : pourquoi certaines nappes phréatiques s’en sortent mieux que d’autres
En examinant une carte des niveaux des nappes phréatiques en France, la situation est préoccupante, l’Hexagone affichant des teintes allant du jaune au rouge vif, indiquant des niveaux alarmants. En raison des épisodes de chaleur intense et de l’absence prolongée de précipitations, 92 % des points de suivi montrent des niveaux inférieurs aux normales mensuelles, d’après le dernier bulletin publié le 15 août par le Bureau de recherches géologiques et minières.
Cependant, une zone au sud de Paris se distingue par un niveau de nappes phréatiques qualifié de « modérément haut ». La nappe de Beauce, qui se trouve dans le bassin parisien, est l’un des plus grands réservoirs d’eau souterraine de France, s’étendant sur près de 10 000 km² et contenant plusieurs milliards de mètres cubes d’eau.
Cette nappe se caractérise par un vaste système aquifère multicouche, composé de différentes roches et couches de sol, incluant divers types de calcaires. Ces calcaires, dotés d’une bonne perméabilité, permettent une absorption efficace des eaux de pluie, particulièrement en automne et en hiver. En revanche, les nappes de socle, formées de roches imperméables comme le granite ou le schiste, sont moins performantes en matière de stockage.
La nappe de Beauce est qualifiée de nappe réactive, réagissant rapidement aux variations météorologiques, se rechargeant lors de fortes pluies et se vidant en période sèche. Cette capacité de réaction rapide, combinée à un volume de stockage important, lui permet de maintenir un niveau relativement élevé même durant les sécheresses. Elle avait même atteint des niveaux exceptionnellement hauts en 2002, suite à une recharge continue depuis 1999.
Deux autres zones en France affichent des niveaux de nappes moins touchés par la sécheresse. La première se situe dans le Sud-Ouest, correspondant à une partie de la nappe alluviale de l’Adour-Garonne, alimentée principalement par la fonte des neiges pyrénéennes. La seconde se trouve près de Narbonne, sur le littoral méditerranéen, où des épisodes cévenols peuvent apporter des pluies intenses, compensant les effets de la chaleur.
Les nappes qui dépendent de sources alternatives à la pluie classique, comme la fonte des neiges ou les pluies orageuses, peuvent temporairement échapper à la tendance générale à la baisse des niveaux. Cependant, les nappes de socle, constituées de roches imperméables et les grands aquifères inertiels, restent plus vulnérables aux déficits prolongés.
Les nappes avec des niveaux plus élevés ne sont pas à l’abri des impacts du réchauffement climatique, qui modifie la fréquence et l’intensité des précipitations.
Source : Bureau de recherches géologiques et minières, 15 août.



