24 août 2026 à 15h46
Durée de lecture : 3 minutes
Oulan-Bator (Mongolie), reportage
La 17e Conférence des parties sur la lutte contre la désertification a débuté à Oulan-Bator le 17 août. Cette édition a été marquée par une opposition inattendue entre la Russie et les États-Unis concernant la présentation de l’ordre du jour. Ce sommet, qui se déroulera jusqu’au 28 août, vise à coordonner la réponse mondiale face à la dégradation des terres.
Les États-Unis ont soulevé des objections sur trois points cruciaux : les synergies avec les COP Biodiversité et Climat, l’intégration des questions de genre et la participation de la société civile, notamment les droits des peuples autochtones.
Cette situation a provoqué une réaction immédiate de la société civile, qui a organisé une manifestation le 20 août. Environ cinquante personnes, représentant des peuples autochtones, ont exprimé leur mécontentement avec des pancartes réclamant le respect de leurs droits.
« Ils sabotent nos rêves »
Hindou Oumarou Ibrahim, de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad, a pris la tête de la manifestation, déclarant : « Chez nous, des gens meurent tous les jours à cause de la soif, de l’avancée du désert et de la dégradation des terres. Je ressens le chaos que les États-Unis veulent semer. »
Le 21 août, Marioldy Sanchez Santivañez, représentante de la Civil Society Organization, a tenu une conférence de presse pour souligner l’importance de la présence de la société civile dans les négociations : « Notre présence est un prérequis pour la crédibilité de cette COP. Ce qu’il se passe n’est pas acceptable. »
Une cinquantaine de membres et représentants des peuples autochtones ont manifesté contre le blocage étasunien.© Étienne Cholez / Reporterre
Amiya Prapan Chakraborty, président de DYDF, une ONG du Bangladesh, a également exprimé son indignation : « Nous sommes venus pour un sommet qui devait mettre en place des solutions concrètes à grande échelle. Après une semaine, on voit des États qui ne sont pas venus pour parler dérèglement climatique. »
Les préoccupations des ONG sont renforcées par le constat que les négociations continuent sur d’autres sujets, notamment la participation du secteur privé, essentielle pour le financement des actions contre le changement climatique. La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification estime qu’il faudrait 1 milliard de dollars par jour d’ici 2030 pour restaurer les terres dégradées.
Jean-Daniel Cesaro, géographe du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, a averti d’une dissymétrie croissante dans les négociations : « La participation de la société civile est attaquée, alors que celle du secteur privé est soutenue. Cette COP est un bien public, elle ne devrait pas devenir le show des entreprises. »
Source : Reporterre



