Faire exploser une bombe nucléaire près d’un astéroïde : des simulations révèlent un effet inattendu
La question des risques que font peser à la Terre des astéroïdes revient périodiquement sur le devant de la scène. Ces risques sont bien réels, et l’humanité est la seule espèce dans l’histoire de la biosphère terrestre capable d’intervenir pour éviter une catastrophe similaire à celle qui a conduit à l’extinction des dinosaures il y a environ 66 millions d’années. Un astéroïde géocroiseur est défini comme tout corps céleste s’approchant de la Terre à moins de 45 millions de kilomètres.
Les astronomes surveillent de près ces objets, notamment les astéroïdes potentiellement dangereux (PHA), qui sont ceux dont la trajectoire s’approche à moins de 7,5 millions de kilomètres de la Terre et dont le diamètre dépasse 130 mètres. Leur taille est suffisante pour causer des destructions massives.
Une approche controversée : détruire ou dévier ?
L’idée d’utiliser des armes nucléaires pour détruire un PHA a souvent été évoquée, mais elle est largement considérée comme problématique. Les débris résultant d’une explosion pourraient en effet se disperser sur plusieurs trajectoires, augmentant le risque de collision avec la Terre. Ainsi, une stratégie plus prometteuse consisterait à dévier l’astéroïde plutôt qu’à le détruire, comme l’illustre la mission DART de la NASA, qui a réussi à modifier la trajectoire d’un astéroïde en septembre 2022.
Un article publié dans The Planetary Science Journal par des chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory rappelle que l’utilisation d’armes nucléaires contre des PHA n’est pas nécessairement absurde si elle est bien planifiée. L’idée serait d’exploser une charge thermonucléaire à proximité d’un astéroïde pour le dévier, sans le détruire.
Des simulations révélatrices
Les physiciens ont mené des simulations avec une charge nucléaire d’une mégatonne, explosant à différentes distances d’un astéroïde de 160 mètres. Les résultats montrent que l’éjection de matière pourrait effectivement exercer une poussée capable de modifier la vitesse de l’astéroïde. Cependant, l’énergie de l’explosion génère également des ondes de choc internes susceptibles de fracturer l’astéroïde.
Les simulations ont révélé qu’une explosion à 10 mètres pourrait endommager 98,2 % de la matière de l’astéroïde et éjecter une grande partie des fragments au-delà de sa vitesse de libération. De manière surprenante, une explosion à 25 mètres pourrait provoquer des dommages généralisés plus rapidement, car les rayons X irradient une surface plus large.
Toutefois, les simulations ne permettent pas encore de déterminer si les débris se disperseraient de manière permanente, restant potentiellement dangereux pour la Terre, ou s’ils pourraient se réassembler partiellement par la suite.
Conclusion
L’étude des méthodes de déviation des astéroïdes continue d’évoluer, et les résultats des simulations soulignent la complexité des interactions entre une explosion nucléaire et un astéroïde. Les implications de ces recherches sont cruciales pour la protection future de notre planète.
Source : The Planetary Science Journal



