Un savon qui rappelle la mer et les vagues : À Auch, Juliette Sallat veut faire mousser sa fabrication de savons artisanaux
À Auch, la savonnerie Ostara, fondée en 2019 par Juliette Sallat, se spécialise dans la fabrication de savons et de shampoings à partir de matières premières biologiques. Dans son atelier, chaque pain de savon subit plusieurs étapes avant d’atteindre les étals. Un processus minutieux où chaque détail est essentiel.
Dans l’atelier, un pain de cinq kilos vient d’être démoulé. « Cela équivaut à une cinquantaine de savons », précise Juliette Sallat. Parmi ses créations, le savon Écume, destiné au visage, au corps et au rasage, est parfumé à l’huile essentielle de romarin à camphre. « L’idée, c’est de faire un savon qui rappelle la mer et les vagues. »
Pour réaliser ses savons, Juliette Sallat utilise la méthode de saponification à froid. « Pour faire un savon, on a besoin de deux composants de base : des corps gras et une solution d’hydroxyde de sodium », explique-t-elle. Ces éléments réagissent pour former la molécule de savon, tandis que des huiles essentielles, argiles, plantes ou cacao permettent de lui donner une identité unique en termes de couleur, texture et propriétés.
Après le moulage, il faut attendre entre 18 et 24 heures pour démouler le savon. Suit l’étape de la découpe, où Juliette utilise un appareil dont les réglages rappellent ceux d’une guitare, permettant d’obtenir une coupe régulière. « Le moment du démoulage, c’est toujours un petit suspense », confie-t-elle, car le résultat peut réserver des surprises.
Une fois découpés, les savons sont placés dans une pièce dédiée à la cure et au séchage, où ils restent trois mois avant leur mise en vente. La réaction chimique doit d’abord être complètement terminée, ce qui prend environ trois semaines. Bien que les savons soient utilisables après cette période, ils restent encore mous et nécessitent deux mois supplémentaires de cure pour éliminer l’excès d’humidité, aidés par un déshumidificateur.
La fabrication de savons requiert également une attention particulière à la sécurité. L’hydroxyde de sodium étant très corrosif, cette étape est réalisée à l’extérieur, avec des équipements de protection adaptés.
Juliette Sallat, initialement aspirante comédienne, s’est tournée vers l’agriculture avant de se former à la permaculture en Espagne, puis à la culture et à la transformation de plantes aromatiques dans le Jura, où elle a appris la savonnerie. Aujourd’hui, elle développe un nouveau jardin près de sa maison à Pavie, offrant des perspectives d’expansion pour son projet. Elle complète ses cultures avec des matières premières biologiques provenant de producteurs locaux.
Ses savons et shampoings sont disponibles sur le marché du samedi à Auch, ainsi que dans des boutiques de créateurs, telles que L’Éphémère à Auch et L’Élan de mains à Saint-Cirq-Lapopie.
Cependant, la production fait face à des défis, notamment la sécheresse qui fragilise les plantes. Juliette envisage d’installer des systèmes d’ombrage et une serre pour protéger son jardin. De plus, la baisse de fréquentation des marchés et des lieux touristiques complique les ventes. « Cette année, c’est plus compliqué à cause de la canicule », note-t-elle.
Pour l’été prochain, elle prévoit de nouveaux ateliers autour des plantes, de la cosmétique naturelle et de la distillation, ainsi que le développement de dentifrices en poudre et d’huiles pour le visage à partir de ses plantes.
Source : La Dépêche



