Comment aider les jeunes mamans qui dépriment au retour à la maison ?
Aurore, bénévole de l’association SuperMamans France en Haute-Garonne, soutient les jeunes mamans isolées en leur apportant des repas et du réconfort à domicile. Malvoyante depuis ses 18 ans, elle surmonte ce handicap pour remplir sa mission, inspirée par son propre vécu de dépression post-partum et le décès de son fils.
Aurore est une « MamanCadeau » bénévole au sein de l’antenne haut-garonnaise de l’association SuperMamans France. Elle accompagne les jeunes mamans qui, après une naissance, peuvent se sentir isolées et avoir besoin de soutien ou de présence. Sur demande et rendez-vous, elle se rend au domicile de ces « mamans à bichonner » pour leur apporter un repas spécialement préparé pour elles et partager un moment, si elles le souhaitent.
« Il peut s’agir d’un plat très simple, le but étant de rompre l’isolement, d’apporter un soutien moral et de passer du temps avec la maman. On peut aussi garder le bébé pour qu’elle puisse avoir un petit moment à elle », explique cette Toulousaine de 51 ans. Elle précise que certaines mamans peuvent traverser un épisode de baby blues, mais que l’association n’a pas de visée thérapeutique ; il s’agit de pair-aidance.
Aurore découvre « SuperMamans » en 2024, au détour d’une émission de radio, et décide de rejoindre l’association, un engagement qui résonne avec son propre parcours. Elle confie avoir souffert d’une dépression post-partum après la naissance de son fils Maël, non diagnostiquée à l’époque, ce qui a impacté sa relation avec lui.
Il y a cinq ans, Maël, son enfant unique, est décédé à l’âge de 21 ans. Ce drame a conduit Aurore, kinésithérapeute, à mettre sa profession entre parenthèses. « C’est le drame de ma vie, mais elle ne se résume pas à cela », souligne-t-elle. Elle s’investit alors dans l’association comme « MamanCadeau », puis devient « MamanContact », référente chargée d’accompagner les bénévoles.
Aujourd’hui, après avoir repris son métier de kinésithérapeute, elle revient auprès des mamans dans ses moments libres. « J’aime apporter du réconfort, me sentir utile. Cela m’a aussi aidée à transformer le deuil, à revenir vers la vie », témoigne-t-elle.
Malvoyante depuis l’âge de 18 ans, Aurore remplit sa mission avec quelques adaptations. « Je restreins mon périmètre autour de mon domicile du Mirail et j’ai la chance de pouvoir profiter du service Mobibus pour me déplacer », explique-t-elle. Née en Suisse en 2015, « SuperMamans » est implantée en France depuis cinq ans. Ce réseau national de bénévoles accompagne les familles après l’arrivée d’un nouveau-né, en leur apportant un repas maison et un temps d’échange.
Source : SuperMamans France



