Avec « Fjord », le cinéaste roumain Cristian Mungiu questionne notre société « radicalisée et divisée »
La Palme d’or 2026 est sortie au cinéma le 19 août. Très bien écrit, pensé et rythmé comme un polar, le nouveau film de Cristian Mungiu interroge sur la polarisation au sein de la société.
Cristian Mungiu, réalisateur roumain, a déjà marqué les esprits lors du Festival de Cannes en 2007 avec son film Quatre mois, trois semaines, deux jours, qui aborde l’avortement clandestin dans la Roumanie des années Ceaușescu. Depuis, il a remporté plusieurs distinctions, dont un prix du scénario en 2012 et un prix de la mise en scène en 2016. Le 23 mai 2026, il a reçu sa deuxième Palme d’or pour Fjord, un long métrage qui traite de l’arrivée d’une famille roumaine chrétienne évangélique dans une petite ville de Norvège.
Le film met en lumière les tensions culturelles et les défis d’intégration rencontrés par Gheorghiu, le père roumain, et sa femme norvégienne. Bien qu’au départ tout semble se dérouler sans encombre, un incident va bouleverser leur quotidien. Mungiu s’inspire de faits réels pour explorer la radicalisation des opinions au sein de la société contemporaine.
Dans une interview, Mungiu a déclaré : « Moi, je suis un observateur de notre société d’aujourd’hui et j’ai vu à quel niveau la société est partagée, radicalisée et divisée. » Il souligne l’importance de traiter ces problématiques dans ses films, évoquant le besoin de tolérance face à des groupes qui se détestent en raison de leurs différences d’opinion.
Les personnages principaux, interprétés par Sebastian Stan et Renate Reinsve, sont rapidement accusés de maltraitance par les autorités locales. Cette situation illustre le fossé entre le rigorisme religieux et un progressisme parfois excessif. Mungiu maintient une ambiguïté sur son propre point de vue, cherchant à comprendre la complexité de la réalité.
Il explique : « Je ne trouve pas que la réalité est objective, c’est toujours le point de vue de quelqu’un qui regarde. » Ce film, tout en étant sombre, vise à encourager le spectateur à trouver un équilibre dans ses propres perspectives.
Brillamment mis en scène, Fjord est salué pour sa qualité d’écriture et son rythme captivant. Bien qu’il puisse manquer parfois de nuances, il reste un témoignage fort de l’œuvre de Mungiu et une Palme d’or marquante.
Source : franceinfo



