Dans le Lot, l’engagement des pompiers volontaires face à des défis croissants
Dans le département du Lot, 93 % des sapeurs-pompiers sont des volontaires qui exercent une activité professionnelle à côté. Alors qu’une campagne de recrutement départementale débute mi-septembre, deux responsables du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) lèvent le voile sur les enjeux de cet engagement citoyen, notamment la nécessité de fidéliser des pompiers souvent tiraillés entre vie professionnelle, vie de famille et vocation.
Le SDIS du Lot comprend près de 985 sapeurs-pompiers, dont seulement 70 sont des professionnels. Sur les 30 centres d’incendie et de secours du département, un seul, situé à Cahors, combine gardes professionnelles et volontaires ; les autres fonctionnent exclusivement avec des volontaires. Ces derniers asnt plus de 90 % des interventions, principalement des secours à personne, qui représentent 80 % des sorties.
Pour devenir pompier volontaire, il est nécessaire de résider à moins de 10 minutes d’un centre de secours, de passer un entretien de motivation et d’être validé par un comité de centre ainsi qu’une visite médicale complète. Le processus, de la première prise de contact à la première intervention, prend en moyenne 100 jours et inclut une formation initiale de 30 jours, suivie d’au moins 30 heures annuelles de maintien des compétences.
Malgré une durée moyenne d’engagement de 13 ans pour les pompiers volontaires dans le Lot, ce chiffre est proche du seuil des onze années nécessaires pour devenir chef d’agrès sur un camion incendie. Le lieutenant-colonel Olivier Labadie souligne que le véritable défi réside dans la fidélisation des pompiers, exacerbée par des évolutions sociétales telles que la double activité professionnelle des couples et les exigences de mobilité des jeunes générations.
Un plan pluriannuel du volontariat (2025-2027) a été mis en place pour améliorer cette fidélisation, incluant des primes de réengagement et des partenariats avec des crèches. Le SDIS a signé 352 conventions de disponibilité avec 196 employeurs publics et 156 privés, représentant environ 38 % des effectifs. Ces conventions sont essentielles pour permettre aux pompiers de répondre aux appels en journée.
L’âge moyen des pompiers lotois est d’environ 39 ans, avec un doyen de 66 ans. Le profil recherché inclut des candidats de 25 à 30 ans, souvent stabilisés dans leur vie personnelle. La féminisation des rangs progresse, bien que les carrières des femmes soient souvent plus courtes que celles des hommes.
En somme, l’engagement des pompiers volontaires dans le Lot est un défi quotidien, tant sur le plan personnel que professionnel, et les responsables cherchent activement des solutions pour renforcer cette vocation essentielle.
Source : La Dépêche



