Les effets dévastateurs de l’addiction à la kétamine chez les jeunes

L’addiction à la kétamine, un psychotrope de plus en plus répandu, suscite des inquiétudes croissantes parmi les spécialistes de la santé. Les jeunes, en particulier, semblent être les plus touchés par cette dépendance insidieuse.

Depuis son introduction dans les milieux festifs européens dans les années 1990, l’usage de la kétamine a évolué. Initialement marginal, son utilisation s’est banalisée au cours des années 2010, entraînant une transformation de l’usage récréatif en usage addictif. Hélène Donnadieu, responsable du service d’addictologie du CHU de Montpellier, note une « nette augmentation » des consultations pour des troubles liés à cette substance, avec des patients de plus en plus jeunes, souvent encore au lycée.

En France, en 2023, 2,6 % des adultes âgés de 18 à 64 ans ont expérimenté la kétamine, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Bien que ce chiffre soit inférieur à ceux du cannabis (50,4 %) et de la cocaïne (9,4 %), il reste préoccupant, notamment en raison de l’augmentation des cas de dépendance. Entre 2022 et 2024, six fois plus de personnes ont déclaré la kétamine comme le premier produit ayant entraîné une dépendance.

Les conséquences sur la santé des consommateurs réguliers sont alarmantes. Des complications urinaires, observées dans d’autres régions du monde, commencent à se manifester en France, où l’usage répété de la kétamine peut détruire les muqueuses de la vessie. Des patients, parfois très jeunes, se plaignent de douleurs urinaires intenses, et certains doivent même subir des interventions chirurgicales.

L’absence de traitement de substitution, comme c’est le cas pour d’autres drogues, rend la sortie de l’addiction particulièrement difficile. Les spécialistes soulignent la nécessité d’une vigilance accrue et d’une sensibilisation sur les dangers de la kétamine, notamment chez les jeunes.

Source : Franceinfo.

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