L’Assurance maladie va-t-elle freiner les remboursements des séances de kiné ?
En 2025, les dépenses de kinésithérapie ont atteint 5,3 milliards d’euros pour l’Assurance maladie, représentant une augmentation annuelle moyenne de 4 % sur dix ans. Face à cette hausse, un rapport propose de limiter les remboursements, notamment par un plafonnement des séances ou l’instauration de forfaits. Les kinésithérapeutes s’inquiètent des conséquences potentielles pour les patients les plus fragiles.
Les dépenses en kinésithérapie, qui ont crû de 4 % en moyenne par an au cours de la dernière décennie, ont conduit l’Assurance maladie à envisager des mes pour réduire ce poste de dépenses. Dans son rapport destiné au ministère de la Sécurité sociale pour 2027, l’organisme cherche à réaliser plusieurs milliards d’euros d’économies.
Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation, notamment l’accroissement du recours aux soins et l’intensification des prises en charge. Le nombre de kinésithérapeutes a également fortement progressé, atteignant 84 500 professionnels en 2025, soit une hausse de 37 % par rapport à une décennie auparavant.
Le rapport évoque plusieurs scénarios pour modifier le remboursement des séances, tels que la définition d’un nombre de séances remboursables selon certaines pathologies ou l’instauration de forfaits. Bien qu’il ne soit pas question d’une baisse générale des remboursements, les implications pour les patients en rééducation prolongée sont significatives.
Les kinésithérapeutes, tout en reconnaissant l’augmentation des dépenses, soulignent qu’ils prennent en charge un nombre croissant de patients chroniques, une situation exacerbée par le vieillissement démographique et le transfert de soins de l’hôpital vers la ville. Thomas Prat, Vice-président de la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR), précise que les revenus des kinésithérapeutes n’ont augmenté que de 0,6 % en dix ans, tandis que les charges des cabinets ont crû d’environ 20 %.
La proposition de plafonnement des séances suscite des inquiétudes parmi les professionnels, qui craignent que cela n’affecte particulièrement les patients âgés et fragiles. Ils se disent ouverts à discuter de la pertinence des soins, à condition que cela ne se traduise pas par des contraintes économiques supplémentaires pour les praticiens et les patients.
Les propositions pour 2027 restent à définir, mais Thomas Prat plaide pour une priorité accordée à la prévention à domicile ou en entreprise, affirmant que chaque euro investi dans la prévention permet d’éviter des dépenses de santé plus lourdes à long terme.
Source : La Dépêche.



