L’Âme noire de la démocratie

L’Âme noire de la démocratie : une mise en examen nécessaire

Geoffroy de Lagasnerie aborde le risque d’« autodestruction » des démocraties, qui, selon lui, peuvent servir les opinions et partis antidémocratiques par leur principe majoritaire. L’auteur soutient que des mécanismes de défense contre un tel sabotage interne sont possibles. Il propose une « mise en examen de l’idée démocratique » en disséquant ses effets pervers, tant dans l’inconscient collectif occidental que dans la relation des individus au pouvoir. Lagasnerie souligne également les obstacles que la démocratie pose à la construction d’une pensée et d’une pratique progressistes, rappelant que « nous ne pouvons par définition à la fois être progressistes et penser que nous serions arrivés à la fin du progrès humain ».

Se référant à Henry David Thoreau et son traité de désobéissance civile, il questionne l’idée que la fétichisation de la démocratie entraîne nécessairement une défétichisation de la justice, comme si ces concepts étaient incompatibles. En s’appuyant sur l’expérience de Stanley Milgram, il argue qu’une adhésion totale à l’idéal démocratique requiert un déni des effets collatéraux liés à l’obligation de soumission qu’il implique.

Tout au long de son essai, Geoffroy de Lagasnerie met en lumière les faiblesses du système démocratique basé sur le principe majoritaire (50 % + 1). Il souligne la déconnexion entre gouvernants et gouvernés, illustrée par des « décisions prises loin des regards, au nom d’une efficacité qui abolit la transparence ». Il évoque également la marchandisation croissante de l’information, qui favorise la viralité des opinions au détriment d’un débat argumenté. Enfin, il dépeint une temporalité politique conditionnée par le processus électoral, limitant la pensée stratégique et alimentant une « pulsion délirante d’exercer le pouvoir jusqu’à nourrir une politique de l’émotion ».

Cette analyse soulève des questions cruciales sur la santé des démocraties contemporaines et la nécessité de repenser leurs fondements pour éviter leur dérive.

(Source : Geoffroy de Lagasnerie, analyse sur la démocratie)

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